Publié le
Vendredi 18 mars 2016

“En pâturage tournant, il n’y a pas de science exacte”

L’idéal est d’avoir des prairies groupées autour de la ferme pour rentrer les animaux facilement en cas de besoin. “S’il y a des prairies à droite à gauche, c’est bien plus compliqué.” En cas d’îlots éloignés, il faut réserver une parcelle parking qui sera gérée comme une stabulation à ciel ouvert. Car Nicolas Jeauneau met en garde contre le surpâturage. “Cela réduit la pérennité des prairies. Mieux vaut condamner un hectare en parking pour ne pas abîmer les autres parcelles.”


Le parcellaire a une influence capitale



S'aider de la cartographie pour faire les paddocks



Visualiser les carrés, faire coordonner les lots d’animaux avec les surfaces disponibles, découper les paddocks en fonction des zones, autant de points qui sont facilités avec les cartes. Les parcelles séchantes et portantes sont intéressantes pour sortir les animaux tôt. “Et peu importe si en juin, il n’y a plus rien à manger, ils iront plus tard dans les paddocks humides.”



Adapter les mélanges prairiaux au type de sol



“Le dactyle résiste bien en terrain séchant. En fétuque, il existe aujourd'hui des variétés appétentes. Faire son mélange soi-même reste une valeur sûre.”



Chargement : 30 ares/UGB



La base est de 30 ares par UGB en terres profondes et productives. En fonction du potentiel des prairies et des races, 50 ares par UGB peuvent être nécessaires. En général, pour un lot de 40 UGB, il faut découper 12 hectares en cinq paddocks. “Prévoyez cinq paddocks par lot au minimum et faites tourner tous les cinq six jours pour respecter un temps de pousse de 25 à 30 jours. Ça peut aussi être six, sept ou huit paddocks pour faire tourner plus vite.” Mieux vaut garder les jeunes animaux près des bâtiments. Les adultes, eux, savent se protéger des intempéries sur les coteaux ou le long des haies.



Débrayer au bon moment



Pour faire une fauche ou un enrubannage de qualité, débrayer au bon moment est un point crucial. “Début juin, quand on est débordé par l’herbe, il faut débrayer une parcelle et tourner sur les quatre restantes puis la réintroduire à la mi juillet.” Pour calculer le nombre de jours de pâturage d’avance, la hauteur d’herbe peut être mesurée avec un herbomètre, sachant qu'un centimètre équivaut à 260 kg de MS/ha. “On vise à avoir 25 jours d’avance. Si on a 40 jours, il est temps de débrayer.”



Quand commencer ?



Le plus tôt possible ! “Quand on sort les animaux trop tard, on est vite débordé par l’herbe, alors on fauche et on distribue...” Début mars, les jeunes génisses peuvent commencer à nettoyer toutes les parcelles. Ensuite, le déprimage permet d’étêter, de relancer la pousse en faisant taller les graminées et en aérant les légumineuses. “Déprimer de bonne heure permet d’obtenir de meilleurs résultats en ensilage par la suite.” Et faire pâturer le plus longtemps possible jusqu’à la fin de l’automne, “c’est autant de matière sèche de gagné.”


Enfin, “bien qu’il n’y ait pas de science exacte”, Nicolas Jeauneau avance quelques repères : faire entrer les animaux à 12 - 15 cm d’herbe et les sortir à 4 - 5 cm.


Le journal
18 décembre 2020 - N° 51 - Notre dernier numéro
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