Publié le
Vendredi 26 juillet 2013

“Depuis 2006, mes achats d'aliments ont augmenté de 42 000 euros”

Depuis mon installation, en 2006, le prix de l'aliment a augmenté de 120 euros/tonne.” Yves Lancelin dispose seulement d'un hectare, où sont implantés ses bâtiments. Dans une production déjà fortement soumise à la volatilité des matières premières, sa propre dépendance est totale. Pour sortir 108 tonnes de viande par an, 320 tonnes d'aliment sont nécessaires. “Cela signifie que depuis mon installation, mes achats d'aliments ont augmenté de 42 000 euros”, calcule l'éleveur mayennais.


“Il manque 10 à 12 ct/kg”



Dans ces conditions, difficile d'avoir une trésorerie au beau fixe. Mais il est loin d'être un cas unique. “Il manque toujours 10 à 12 ct pour éponger les coûts. Et encore : si on se base sur les résultats, ça “passe”, chez les meilleurs (techniquement), sinon, cela devient très compliqué.”


“L'entonnoir”, comme le décrit Yves Lancelin, est en partie causé par la fragilité du lapin, un animal qui requiert le meilleur aliment possible. “On est donc obligé de se fournir en amont pour être sûr d'avoir le meilleur choix. On ne peut donc pas être très souples dans les achats.” De plus, le lapin reste la plus chère des viandes, sans toutefois pouvoir crever le plafond : la consommation s'effrite d'année en année. En France, 40 % des foyers seulement en mangeraient dans l'année (1).



“Indexer les matières premières”



“La seule solution, c'est l'indexation des cours des matières premières, prône le président du groupement Syprolap. En plus, ce serait une garantie supplémentaire pour que les banques nous suivent…” Si les éleveurs creusent dans leurs trésoreries, c'est en effet aussi parce que les banques ne font plus d'ouvertures de crédits. Et que tous les acteurs ne jouent pas toujours le jeu, dans la filière. “Il y a 15 ans, on amortissait notre installation sur 9 ans, poursuit Yves Lancelin. Aujourd'hui, c'est sur 15 ans. En fait, on a dilué le prix sur 6 ans, alors que les abatteurs ont toujours les mêmes durées d'amortissements.”


Ce contexte fait qu'il y a eu beaucoup d'arrêt d'élevages, ces dernières années. En revanche, il n'y a pas eu d'installation depuis 5-6 ans. Pour le groupement Syprolap, dont la moyenne d'âge des éleveurs est de 45 ans environ, ce n'est pas encore une problématique urgente. “Mais on commence à y réfléchir quand même”, indique le président Lancelin. Dans d'autres groupements, le phénomène de vieillissement des cuniculteurs est beaucoup plus élevé. Et il en est de même pour les consommateurs : l'interprofession estime que la moitié d'entre eux ont plus de 50 ans.


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