Publié le
Vendredi 4 octobre 2013

Ça coûte combien une désileuse?

La recherche de gain de temps est le premier moteur d'un achat de désileuse. C'est le cas dans au moins 80% des cas. La plupart en groupe.

Coût moyen d'une désileuse automotrice

Les Cuma de l'Ouest l'évalue à 15,60 euros/1000 litres, coût de main-d’œuvre et carburant inclus. Mais parmi les 70 cas qui ont servi d'échantillon à ce calcul, se cachent de grandes disparités. Plusieurs facteurs sont en effet à prendre en compte: le matériel choisi, la distance totale du circuit de distribution, le nombre et le profil des exploitations adhérentes... Ainsi, le prix de revient se situe plutôt autour de 17 ou 18 euros dans les Cuma du secteur.

Par ailleurs, le prix du matériel ne cesse de croître. Les innovations technologiques œuvrent toujours en ce sens. La taille, entre 15 et 18 m3, également. Les qualités routières des engins représentent d'autres facteurs inflationnistes. Aujourd'hui, la plupart des constructeurs proposent deux types de modèles: un premier pour les Gaec, qui s'équipent seuls, et un second pour les groupes. L'écart peut aller de 30 000 euros à 70 000 euros, entre un modèle qui ne quittera pas l'exploitation et un modèle plus adapté sur route. Il faut compter entre 130 000 et 170 000 euros pour s'équiper, voire 200 000 euros pour du haut de gamme.

Sur quels critères calculés l'adhésion?

Acheter et donc utiliser un matériel en commun impose quelques règles de tarification équitables et indiscutables, conditions indispensables à la bonne vie du groupe. Selon Benoît­ Bruchet, l'animateur désormais directeur de la FDCuma 53, “il faut au moins établir la part fixe à 40-50% du coût global, par exploitation”, même si la main-d’œuvre et le carburant représente 50% des charges d'une Cuma désileuse. “C'est normal de calculer les coûts par rapport au temps passé, pour prendre en compte le souci d'aménagement des exploitations, l'accessibilité des silos, la taille des troupeaux, etc. Mais si la part du temps passé est trop importante dans le calcul, il y a un risque de pression sur les chauffeurs”... Pour les inciter d'aller plus vite, ce qui peut être cause de stress, de précipitation, de relations envenimées. Certaines­ Cuma chronomètrent le temps passé entre l'entrée et la sortie de l'exploitation.

Les modes de tarification peuvent être plus ou moins complexes­. Ils s'appuient souvent­ sur le paramètre temps, mais aussi sur le quota laitier, et/ou le nombre d'UGB. Voire sur le tonnage distribué.

Une rentabilité améliorée

Selon Cerfrance Mayenne-Sarthe, l'achat d'une désileuse automotrice permet d'augmenter sa marge brute à l'hectare. L'écart serait ainsi de 270 euros entre sa moyenne de clients agriculteurs et ceux avec désileuse [chiffres selon les résultats comptables de 2011]. Le centre de gestion l'explique principalement par une baisse d'achats de concentrés et une meilleure valorisation des surfaces fourragères en production laitière. La ration, plus régulière et plus homogène passée au bol, améliore en effet les résultats techniques — ce qui est vérifié par les contrôles laitiers.

Le recours à un service désileuse fait gagner entre une heure et une heure et demie de travail quotidien, selon les éleveurs. Cette disponibilité de main-d’œuvre permet aussi d'avoir une meilleure efficacité à l'hectare: la taille moyenne des systèmes est ainsi plus importante que les autres systèmes, sans désileuse (hors systèmes avec cultures de vente).

Quel amortissement?

Selon les groupes, l'investissement sera amorti sur une durée de 7 ans ou bien à 4 000 -5 000 heures. “Mieux vaut s'appuyer sur le nombre d'heures effectuées, remarque Benoît Bruchet. Les gens comparent toujours ces machines à des tracteurs. Ils ne comprennent­ pas que leur valeur soit divisée par trois ou quatre en seulement 4-5 ans. La différence, c'est qu'un tracteur va faire environ 300 heures par an: la désileuse, elle, roule toute l'année, 6 jours sur 7. Elle va donc tourner 1000 ou 1500 heures par an.”


Selon Cerfrance, le coût global de mécanisation s'élève à 126 euros/1000 litres, “proche de la moyenne”. La part de l'amortissement est toutefois plus élevée.

Frédéric Gérard

Frédéric Gérard
Le journal
4 décembre 2020 - N° 49
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