Publié le
Vendredi 26 juin 2015

Un système de culture porcin économe en intrants

Réduire la pollution par les nitrates et diminuer l’IFT (1) de 50 %, tout en conservant une performance économique sans augmenter le temps de travail : voilà l’objectif ambitieux de l’essai de la station porcine de Crécom en Bretagne, mené entre 2009 et 2013. Une expérimentation grandeur nature a comparé trois systèmes de culture (SdC) différenciés par leur fertilisation organique : fumier, lisier et mixte. Par rapport au système témoin (blé, maïs grain et Cipan), la rotation a été allongée avec un colza pour piéger l’azote et un triticale en deuxième paille. D’autres leviers ont été activés comme le choix de variétés peu sensibles, les associations de variétés, des densités de semis réduites, du désherbage mécanique et l’application de produits de
bio-contrôle.


Le système “fumier” se rapproche du modèle durable



Dans tous les modèles, le lessivage de l’azote n’a pas été réduit (40 kg N/ha en lisier, 49 en fumier et 42 en mixte contre 37 dans le système de référence). Pour améliorer les résultats, “il faudrait implanter le Cipan plus tôt, dès la récolte du triticale et laisser les repousses de colza avant les semis d’automne”, propose Jean-Luc Giteau de la chambre d’Agriculture de Bretagne. Les différents leviers, notamment le désherbinage et hersage sur maïs ont permis de faire baisser les IFT de 46 % par rapport à la référence régionale. Ce résultat est jugé satisfaisant même si “des marges de progrès sont encore possibles sur les phytos hors herbicides”. Autre élément d’encouragement : le salissement a été maîtrisé, excepté le rumex crépu qui a envahi les parcelles après la récolte du colza. “Une solution pour mieux gérer les vivaces serait de couvrir le sol avec une interculture étouffante de type phacélie”, confie l’ingénieur.


Les rendements des quatre cultures sont légèrement inférieurs au témoin en culture raisonnée (- 2 % en SdC fumier et - 5 % en SdC lisier). Toutefois, le système “fumier” est celui qui semble atteindre le mieux les objectifs fixés. Coté chiffres, le SdC fumier tire son épingle du jeu avec une marge semi-nette (2) identique à la référence (610 €/ha/an), malgré des charges de mécanisation supérieures (désherbage et épandage des déjections). Le moindre rendement et le surcoût mécanique ont donc été compensés par la diminution des intrants. Ce n’est pas le cas des SdC mixte et lisier qui affichent - 46 et - 91 euros par ha sur leur marge semi-nette par rapport au témoin. Sur le temps de travail, les résultats sont similaires. “Les interventions mécaniques sont gourmandes en temps et pénalisent fortement les systèmes mixtes et lisier.”


Bilan de cette expérimentation : “Le système fumier répond le mieux à nos objectifs de départ, surtout en terme économique et temps de travail. Les leviers mis en œuvre ont porté leurs fruits. Le volet environnemental reste à optimiser pour limiter le lessivage de l’azote.”


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