Publié le
Vendredi 23 mai 2014

Un secteur en plein essor mais fragile

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Les producteurs de produits de biocontrôle détiennent 5 % du marché de la protection des plantes en 2013, le reste étant aux mains des producteurs de phytosanitaires chimiques. L’objectif à l’horizon 2018 est d’atteindre 15 % du marché. L’industrie du biocontrôle en France a réalisé un chiffre d’affaires de 110 millions d’euros l'an dernier. Le pays est une des têtes de file en Europe : les 28 Etats membres réunis ont dégagé un chiffre d’affaires de 550 millions d’euros en 2013.
Plus de 70 PME et grands groupes couvrent le territoire : “Les sites de production constituent un tissu industriel dans les zones rurales”, soutient le président d'IBMA Jean-Luc Princen. L’industrie française du biocontrôle représente 1 500 emplois directs et plus de 4 000 emplois indirects.


Des opportunités…



Fournisseur officiel de produits naturels pour la protection des plantes, l’industrie du biocontrôle est une alternative aux traitements chimiques. “Les produits du biocontrôle ne peuvent pas se substituer totalement aux traitements chimiques, mais ils sont complémentaires des techniques conventionnelles et permettent de limiter l’usage des produits de l’agrochimie”, précise Charles Vaury, secrétaire général d’IBMA France. Parfois même, ce sont les seuls traitements autorisés. “Une de nos souches de levure prévient deux des maladies du bois de vigne les plus répandues (1)”, témoigne Jean-Luc Souche, directeur commercial d’Agrauxine, société de produits de biocontrôle, basée à Beaucouzé (Maine-et-Loire), qui vient d’obtenir une autorisation de mise sur le marché pour cette levure. Depuis 2001, aucun traitement – ni chimique, ni naturel – n’était homologué pour faire face à ces maladies du bois de vigne.



…à consolider



Croissance et marché sont au rendez-vous : le tableau semble parfait, mais il ne l’est pas. “L’industrie du biocontrôle est encore fragile”, tempère Jean-Luc Souche. Economiquement et en raison de leur taille. Vingt start-up du biocontrôle voient le jour tous les ans. Et près de la moitié des entreprises ont un chiffre d’affaires inférieur à 2 millions d’euros. “Elles sont encore petites, complète Jean-Pierre Princen, elles manquent de visibilité pour les années à venir”. “Un certain nombre d’entreprises de taille intermédiaire survivent sans le soutien des multinationales”, assure Charles Vaury. Mais ces dernières multiplient leurs acquisitions. “Nous avons la technique de production, elles ont la force de frappe”, assure-t-il en insistant : “Il n’y a pas d’opposition entre les industries du biocontrôle et les grands groupes agrochimiques (Bayer, Monsanto, BASF, etc.).”


En février, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, déclarait que “face aux géants de la chimie, il faut qu’on crée des géants du biocontrôle”. On est loin du compte : les rachats par les multinationales de l’agrochimie sont un “soulagement” pour certaines entreprises du biocontrôle. Il y a quelques semaines, le japonais Arysta achetait par exemple le français Goëmar (Saint-Malo), faisant grincer quelques dents : “On a vu Monsanto racheter des sociétés pour les couler” observait par exemple un expert du secteur.


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