Publié le
Vendredi 23 mai 2014

Un Parlement pas assez incontournable

Qu’on reconnaisse ou non la qualité du travail du Parlement européen, aucun acteur du monde agricole n’en dénie l’importance. Quelles que soient les organisations agricoles, c’est plus d’Europe qu’elles demandent, notamment, au futur Parlement. Xavier Beulin regrette que “la difficulté de faire converger les 28 pays membres de l’UE donne trop de pouvoir à la Commission européenne”. Pour le président de la FNSEA, l’Europe doit redonner du poids aux politiques, c’est-à-dire aux Etats membres et au Parlement. Sans en prononcer les mots, il pousserait pour cela à une UE à deux vitesses : une gouvernance propre aux pays qui constituent la Zone euro et qui devraient proposer un “grand dessein” pour l’Europe. Ce qui coïnciderait avec une harmonisation fiscale et sociale. Cela signifie aussi, pour le président de la FNSEA, relancer véritablement le couple franco-allemand, moteur de la construction européenne. Aux futurs parlementaires de Strasbourg, il demande qu’il y ait une “véritable réflexion sur ce qui doit être géré par l’Union européenne et ce qui peut être géré par les pays membres”.


Entre les mains des parlementaires……



Aux yeux de Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, deux sujets sont importants pour l’agriculture : le Traité transatlantique et la Pac. “La façon dont les parlementaires européens vont les traiter conditionnera notre modèle agricole.” François Lucas, vice-président de la Coordination rurale, voit déjà arriver les échéances de 2020. “Aujourd’hui, aucun agriculteur ne peut ignorer que son sort ne se décide pas à Paris, mais à Bruxelles. La Pac doit être revue pour 2020, cela devient une préoccupation permanente. En creux, on discute déjà de cette Pac 2020, car on voit bien que la réforme de 2015 ne peut pas s’inscrire dans la durée. Il va falloir une Pac totalement différente de celles depuis 1992.”


Il n’est guère que le Front national pour estimer que “cette Pac, c’est la ruine de l’agriculture française”, comme l’exprime Philippe Loiseau, céréalier en Eure-et-Loir, deuxième sur la liste frontiste Massif Central-Centre. Une position à l’opposé de celle d’un autre agriculteur, Jean-Louis Canelle, 10e sur la liste EELV de la circonscription Est : “Une instance comme l’UE est très importante dans notre quotidien. De nombreuses politiques sont décidées à ce niveau-là. Par exemple, c’est l’UE qui a défini la zone AOC Comté.”


Représentant de plus de 500 millions de citoyens dans 28 Etats membres, le Parlement européen issu des élections du 25 mai comptera 751 sièges, contre 766 actuellement.


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2 octobre 2020 - N° 40
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