Publié le
Vendredi 22 juillet 2016

UE : la régulation redevient d’actualité

Ce nouveau plan consacre 150 M€ à des incitations à la réduction volontaire de la production de lait (soit 14 cts/kg de lait). L’objectif est d’obtenir, au cours du dernier trimestre 2016, une baisse des livraisons de l’ordre de 2,5 % par rapport à la même période de 2015.
350 M€ seront aussi détaillés en enveloppes nationales (15 % pour la France, soit 49,9 M€) : celles-ci doivent permettre aux Etats membres de renforcer ce dispositif ou de prendre des mesures pour les autres secteurs de l’élevage, avec un éventuel cofinancement national pouvant aller jusqu’à 100 %.
A cela s’ajoutent la possibilité de découpler en 2017 le paiement à la production de lait, l’extension de l’intervention publique et de l’aide au stockage privé de la poudre de lait jusqu’à la fin février 2017, la fixation à 70 % des avances sur les paiements directs au 16 octobre et le relèvement des prix de retrait des fruits et légumes.


Satisfaction très mesurée



Ce plan a été bien accueilli par les ministres de l’Agriculture de l’UE. Stéphane Le Foll s’en félicite : “Ce paquet de mesures doit permettre d’éviter que la dégradation des cours ne continue.” La Commission européenne doit toutefois affiner ses mesures dans les semaines à venir. Concernant l’articulation entre les deux enveloppes, il faudra être “extrêmement vigilant”, a prévenu le ministre français, car “il ne faudrait pas que des aides à la trésorerie puissent être utilisées par certains pour inciter à produire”.


Stéphane Le Foll a aussi remercié l’Allemagne et la Pologne avec qui la France avait trouvé “une position commune”. Si une gestion de crise de la production laitière était réclamée de tous bords, en France, les réactions se font plus mitigées.


La FNPL reste “vigilante”. Et pour cause : ces mesures restent volontaires à l’échelle nationale, les pays du nord de l’Europe changeront-ils donc de braquet ? La fédération appelle aussi à doubler l’enveloppe de 50 M€ destinée aux éleveurs français et à cibler en priorité les éleveurs qui ont “des problèmes aigus de trésorerie”. La FNPL demande aussi une certaine cohérence dans l’application : que le soutien individuel à la production ne concerne que les coopératives et OP “dont la production globale est déjà stabilisée ou en réduction”. Sinon, “cela n’aurait aucun sens”.


Via Campesina (coordination européenne à laquelle adhère la Conf’) calcule de son côté que les 500 millions d’euros, rapportés au nombre d’exploitations de l’UE, ne représenteront plus que “0,3 ct/kg de lait. Alors que nous avons perdu 15 ct par kg”. Enfin l’EMB déplore le manque d’incohérence et le manque de politique laitière à l’échelle européenne. “Certes la réduction de la production est un des mots-clés utilisés pour promouvoir le train de mesures actuel. On ne s’aventure toutefois pas sur la voie d’une mise en œuvre appropriée. 150 millions d’euros seulement seraient consacrés aux mesures visant à réduire la production. Un montant largement insuffisant vu la gravité de la crise actuelle.” De plus : “Aucun plafonnement des volumes n’est prévu pour les producteurs ne participant pas à la mesure pendant la période de trois mois.”


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27 novembre 2020 - N° 48
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