Publié le
Vendredi 3 avril 2015

Travailler avec le strip-till, pas si simple

Avec le travail simplifié, on ne simplifie pas forcément le travail de nos méninges”, constate Franck Baechler, conseiller à la chambre d'Agriculture du Loir-et-Cher. Néanmoins, “les agriculteurs qui ont commencé le strip-till il y a cinq ans, ne feront pas demi-tour”. La technique s'apprivoise au fur et à mesure. “On change de philosophie, on a une approche plus agronomique de son sol, et il faut être patient.” Surveiller son sol, le comprendre, bien connaître les adventices présentes dans les parcelles, être plus performant et très réactif, voici une nouvelle façon de travailler. “Si le sol n'est pas suffisamment ressuyé pour intervenir, il faut savoir attendre ou changer d'assolement pour ne pas flinguer une structure qu'on aura mis des années à mettre en place.” Avec ce système de production “plus robuste, on sort des sentiers battus, on réfléchit les cultures à l'avance, on se pose d'autres questions. On résout des problèmes mais on en soulève d'autres comme les limaces et les campagnols. Si je ne peux pallier ces problèmes, je n'y vais pas ou s'il y a échec, je prévois une autre culture”.


Des sols plus vivants



A mi-chemin entre le semis direct et le travail conventionnel, le strip-till permet de profiter des intérêts de l'un, tout en gardant la sécurité de l'autre. Les avantages agronomiques sont nombreux : pas de germination d'adventices sur l'inter-rang, moins d’érosion, davantage de vie biologique dans le sol, conservation de l’humidité. En effet, les remontées capillaires sont limitées sur le rang et les transferts latéraux garantissent une bonne humidité. “Quand en conventionnel, le sol est trop sec, la parcelle voisine en strip-till est meuble. On gagne en hydromorphie, en ressuyage et en portance.” Pour l'activité biologique, le résultat se ressent sur le long terme. “Il faut compter cinq ans en apportant de la matière organique exogène, sinon dix ans. Les meilleurs résultats s'observent dans les sols les plus difficiles.”



Pratiques en sol argileux



En terres argileuses, pour des semis de printemps, la technique validée consiste à raisonner comme pour un labour : passer le strip-till à l'automne et reprendre aux beaux jours. L'autre option, dans une logique d'agriculture de conservation qui vise à respecter la dynamique et la biologie du sol, est le semis dans un couvert vivant, avec un combiné strip-till semoir. Ici, le choix des espèces doit être pertinent. Un couvert avec un système racinaire fasciculé sera le plus intéressant. Franck Baechler préconise un semis précoce d'un mélange de graminées (seigle avoine) à forte densité. “C'est le chevelu racinaire qui va faire la préparation de sol.” Au printemps, le point de ressuyage est vérifié à la bêche avant de s'engager sur la parcelle. “Si les conditions sont réunies pour semer, il ne faut pas attendre. On simplifie le travail du sol mais on doit être réactif.”



Coût de chantier réduit



Grâce à la fertilisation localisée et à la réduction du nombre de passages, les coûts de production sont diminués. Selon les barèmes Cuma du Centre, une implantation de colza au strip-till ressort à 82 euros/ha carburant et main-d'œuvre compris là où, le semis simplifié (déchaumeur et herse rotative semoir) est estimé à 95 euros/ha et le labour à 170 euros/ha. Le temps de travail est lui aussi moindre : trois quarts d’heure par ha au strip-till, 1 h 15 en semis simplifié et 1 h 45 en labour.



Voir plus

Le journal
18 décembre 2020 - N° 51 - Notre dernier numéro
Actualités
Flash Infos
Agenda
Annonces
Recherche