Publié le
Vendredi 22 mai 2015

Tour d’horizon des contrats en Europe

La liste des contrats connus en Europe est assez exhaustive, dans l’étude de l’Ifip publiée l’an dernier. Ce résumé exclut notamment les situations où les coopératives sont dominantes dans le secteur porcin, comme au Danemark.


L’hétérogénéité allemande



En Allemagne, les contrats portant sur un prix défini sur une période déterminée représentent une part faible des transactions, estimée à 5 %. Toutefois, il existe des disparités d’un Land à l’autre.


Westfleisch (3e opérateur du pays avec 12,5 % des porcs commercialisés en 2012) est ainsi “l’un des rares abatteurs à offrir des contrats à ses éleveurs coopérateurs”, précise l’Ifip. A un bonus par quantités livrées (2 à 4 euros par porc) s’ajoute un bonus annuel indexé sur les résultats de la coop. Un modèle visiblement incitatif, puisque 75 % des porcs de Westfleisch auraient ainsi été commercialisés, soit 7,3 millions de porcs, 9 % des abattages allemands.



Espagne : intégration à partir de l’aliment



L’Espagne semble davantage croire aux contrats : 50 % de sa production est ainsi intégrée. Ces textes prévoient un prix fixe sur une période définie — à noter que l’intégration ne lie pas uniquement les entreprises d’aliments aux producteurs, elle peut aussi être “horizontale” entre éleveurs.


Les principaux intégrateurs constituent le collège “producteurs” face aux abatteurs et transformateurs au Mercolerida, le marché qui sert de référence au prix “spot” dans tout le pays.



Peu de contrats différés au Benelux



En Belgique aussi, 50 % des porcs charcutiers sont produits sous contrats, d’une durée de deux ans. Dans ces contrats d’intégration, le producteur est rémunéré au nombre de cochons produits.


Comme en Belgique, les contrats différés sont rares aux Pays-Bas. Et ils restent l’apanage de filières de qualité (bio, etc.).



Le cas polonais



En Pologne, on compte un millier d’abatteurs mais les quatre principaux représentent au presque 30 % des volumes abattus. Et le premier d’entre eux, Animex, achète 40 % de ses cochons sous contrats : des animaux payés sous deux semaines. 75 % des porcelets fournis aux éleveurs proviennent des propres naissages d’Animex, 25 % sont importés, du Danemark principalement. Le problème, expliquait Hervé Marouby, du pôle Economie de l’Ifip, en 2013 : “Souvent les éleveurs ne respectent pas les contrats, sur les départs livraison, et la qualité notamment.”



La particularité à l’anglaise



En Grande-Bretagne, le modèle coopératif n’existe pas. Est-ce lié ? 80 % des porcs sont achetés sous contrats ; les ventes en “spot” ne dépassent même pas les 10 %.


Ces contrats s’étendent de deux à cinq ans. Les volumes livrés constants sur trois mois sont soumis à un bonus. Cela n’empêche pas une diversité de prix, causée par la multitude des références demandées par l’aval (plus ou moins lourds, plus ou moins gras, etc.). En découle une opacité sur la détermination des prix. Les éleveurs essaient ainsi de remettre en cause le shout price, une cotation transmise directement par l’abatteur… et qui concerne 30 % des volumes.


Contractualiser le lien direct entre distributeurs et producteurs, avec une révision de prix mensuelle, a été mis à l’essai par le groupe Tesco, leader en Angleterre. Une tentative lancée en 2012 qui ne semble pas avoir été concluante : l’étude de l’Ifip, réalisée en 2013, fait état d’un manque de disponibilité, cette année-là.



L’Italie cherche un indicateur de référence



L’Italie est à ce stade : trouver un indicateur qui puisse servir de référence à l’ensemble des relations commerciales. 90 % des porcs transalpins sons vendus sous contrats, et ce, même si 70 % sont vendus directement de l’éleveur à l’abattoir. Cette prise directe est d’autant plus vraie depuis que la filière abattage détient 50 % des outils pour AOP, comme le Jambon de Parme. Mais rares sont encore les contrats qui tiennent compte des coûts de production (les sans OGM, etc.). Les relations portent la plupart du temps sur un engagement de volumes : le prix de base peut ainsi être relevé en fonction du nombre de cochons finalement livrés, et de la qualité. Des réflexions portent actuellement sur des contrats types.


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30 octobre 2020 - N° 44
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