Publié le
Vendredi 9 mai 2014

A table, le cidre est servi

Fin avril, au CFA des 3 villes à Laval, un repas a été servi avec poiré, cidres brut et demi-sec, et Avrolles.
Fin avril, au CFA des 3 villes à Laval, un repas a été servi avec poiré, cidres brut et demi-sec, et Avrolles.

La communication fait partie des atouts de la filière cidricole pour ne pas se faire oublier, en particulier dans sa région d’origine, l’Ouest.

"Le cidre, on n’en parle pas assez”, constatent les producteurs. Alors, forcément, le consommateur ne pense pas à en acheter. Pas plus qu’il n’en commande au restaurant, crêperies mises à part. Pourtant, “il n’y a pas que le vin qui peut être servi sur les tables de la région”, insiste l’APPCM.="text-align:>

En 2012, l’Association de promotion des produits cidricoles du Maine (1) a voulu mieux identifier ces produits en les valorisant sous un nom commun : les Cidres de Loire. Elle a aussi frappé à la porte des établissements de formation aux métiers de l’hôtellerie. En apprentissage chez des patrons qui jouent la carte des produits locaux, certains élèves connaissent déjà cidres, poirés et autres pommeaux. Pour d’autres, c’est une découverte.

Séduire les jeunes pousses de la restauration


L’association a commencé ce travail de sensibilisation, l’an dernier, en se focalisant sur les élèves sommeliers : “Ce sont eux qui conseilleront les clients pour accompagner les plats”.Cette année, l’initiative s’est étendue aux cuisines de quatre écoles hôtelières de Mayenne, Sarthe, Maine-et-Loire et Loire-Atlantique.

Le 25 avril, c’est au CFA des 3villes, à Laval, qu’a été servi un repas avec poiré, cidres brut et demi-sec, et Avrolles (du nom d’une variété ancienne, acidulée), en présence de Marie Bourny et Denis Rouland, producteurs mayennais. Les formateurs en cuisine, Pierre-Henri Roëhric et Thierry Touiller, ont imaginé un menu autour d’une pintade en deux cuissons : suprêmes pochés et cuisses braisées, avec pommes duchesse fourrées de poire, accompagnés de légumes anciens (rutabaga, panais, etc.) et pommes confites… Suivis d’un entremet poire - chocolat, pommes de sept heures et granité cidre-poiré. Quinze élèves en salle et en cuisine, sur les 300 que compte la section du CFA, ont profité de cette “journée conviviale”. “C’est intéressant pour transmettre la connaissance des accords mets boissons avec des produits du terroir”, explique Christian Louvigné, responsable des formations hôtellerie au CFA.

L’APPCM souhaite aussi organiser un concours culinaire à base de produits cidricoles. Mais “c’est beaucoup plus compliqué qu’il n’y paraît”, glisse Denis Rouland, président de l’APPCM.

Le marketing relance les ventes en 2013


Toute la filière cidricole s’est remobilisée sur la communication. “En trois ans, on est passé d’un peu plus d’un million à 2,5  millions d’euros de budget en communication. Et on devrait encore faire plus, en 2015, pour parler des cidres (spots radio), des mois de janvier à août”, explique Philippe Musellec, président de l’Unicid, l’union nationale interprofessionnelle.

Et ça marche. En 2013, le marché du cidre a progressé de 1,5 % en volumes et de 6 % en valeur, du jamais vu depuis des années. Il se vend environ 100 millions de bouteilles par an.

L’autre clé de ce rebond, c’est l’innovation. On estime que 30 % seulement des Français “pensent” à consommer du cidre, dont une bonne partie, une à deux fois par an. Les marques ont donc investi pour toucher les jeunes et les femmes. Entre nouveaux goûts et packaging, le cidre se fait une place à l’apéritif : rosé, remise au goût du jour du poiré, cidre blanc, cidre de glace, sont des segments très dynamiques. Peu convaincantes jusqu’ici, les bouteilles en 33 cl ont aussi connu une belle progression, grâce au marketing ; de 16 % chez Agrial.


Frédéric Gérard


(1) L’APPCM œuvre en Mayenne, Sarthe, Maine-et-Loire et Loire-Atlantique.

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Frédéric Gérard

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