Publié le
Jeudi 22 octobre 2020

Séchage en grange : les clés de la réussite

Le bâtiment qui abrite les cellules devra être adapté, tant en surface qu'en hauteur.
Le bâtiment qui abrite les cellules devra être adapté, tant en surface qu'en hauteur.

Sécher du foin ne s’improvise pas. Il faut bien réfléchir à son projet, de la conception de l’installation à la constitution des rations, en passant par la gestion des prairies et l’organisation des chantiers de récolte. Ramenés à la tonne de matière sèche, les coûts des bâtiments et équipements (hors matériels de récolte) varient de 750 à 900 €/t MS pour un gros séchoir, à 1 200 à 1 700 €/t MS pour un petit séchoir.

Si le mode de récolte de l’herbe à un stade plus précoce peut paraître séduisant, il n’est pas adapté à toutes les situations. Un parcellaire compliqué, éclaté, avec des parcelles éloignées augmentera le temps de récolte, qui sera un handicap pour organiser le chantier. Pour une meilleure rentabilité, il faut pouvoir réaliser plusieurs coupes de foin, donc se situer dans une zone plutôt régulièrement arrosée, et avoir des prairies à bon potentiel de production, de préférence avec des terres favorables à la luzerne. Cette légumineuse riche en PDI peut sécuriser les rations en fibres.

La réflexion, sur la localisation du séchage, son dimensionnement et ses aménagements, est essentielle car c’est un investissement de long terme (trente ans). Il est nécessaire d’avoir au minimum deux cellules équipées d’un ventilateur et de disposer de trois zones de stockage pour pouvoir trier le foin, selon la coupe, la flore et la qualité, et anticiper la ration.

Evolutions de la conduite de surfaces et du troupeau

Dans tous les systèmes, le séchage en grange doit s’accompagner d’une adaptation du système fourrager, et notamment d’un rééquilibrage de l’herbe et du maïs. La maîtrise des concentrés devient un enjeu majeur de la réussite économique du séchage en grange, et une conduite trop généreuse de l’alimentation en concentrés peut entamer la rentabilité du projet.

Les espèces récoltées sont de préférence des espèces de longue durée en mélange (fétuque, dactyle, luzerne, trèfles en principal), et non des RGA ou RGI plus trèfle violet qui ne sécurisent pas des rendements au-delà de deux coupes, tout en se compactant facilement dans le séchoir en ralentissant la circulation de l’air.

Les systèmes avec maïs ensilage qui investissent dans un séchage en grange auront intérêt à cultiver de la luzerne et des prairies multi-espèces et à garder une part de maïs ensilage ou maïs épi pour équilibrer leur ration et limiter les apports en concentrés. Dans tous les cas, il faut équilibrer les rations et veiller à leur fibrosité.

Grâce à la meilleure teneur en protéines et à un encombrement plus faible, l’ingestion du foin ventilé est nettement plus importante que celle d’un foin séché au sol. Grâce à cet accroissement de l’ingestion et la meilleure valeur nutritive, les besoins en concentré, surtout en correcteur azoté, sont réduits. En complément du foin séché en grange, l’énergie apportée à la ration ne doit pas être trop rapidement fermentescible.

Des changements dans l’organisation du travail

Le chantier de récolte est plus court que pour un foin séché au sol. La fauche se fait souvent en début d’après-midi et un ou deux fanages sont toujours nécessaires. Les foins sont engrangés à partir du début d’après-midi, à 60-65 % de MS minimum sans déshumidificateur (possible à 55 % en été). Avec un déshumidificateur, l’engrangement peut se faire à 50-55 % de MS. Le travail est soutenu au printemps avec la première coupe puis l’épandage de lisier pour les fauches suivantes. La meilleure réponse pour être efficace est d’avoir un équipement de fanage et récolte bien dimensionné aux surfaces à exploiter.

Christian Evon (source : Institut de l’élevage)
Formation

Très présente dans l’Ouest, l’association Segrafo (segrafo.com) propose des formations pour accompagner les éleveurs dans leur projet de séchoir, ainsi que dans la gestion proprement dite de l’équipement en fonctionnement. Chaque année, les Jeudis du foin permettent de découvrir des installations avec des témoignages d’éleveurs qui sont équipés.

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Le journal
4 décembre 2020 - N° 49
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