Publié le
Vendredi 26 août 2016

Samedi, seconde partie de la vente du cheptel des Barrier à Evron

Marc et Jocelyne Barrier élèvent des vaches qui combinent le type viande et la facilité de naissance.
Marc et Jocelyne Barrier élèvent des vaches qui combinent le type viande et la facilité de naissance.

Jocelyne et Marc Barrier vendent leur cheptel. Après une première vente le 17  septembre, la seconde a lieu ce week-end, samedi 1er  octobre. Retour sur une carrière bien remplie, entre prix de beauté au Salon de l’agriculture et prix au kilo à Evron.

"On aime bien les vaches mixtes, mais bien viandées”. Les 220 Rouges des prés qui seront mis en vente aux enchères constituent un cheptel bâti patiemment autour de cet objectif. On pourrait dire que c’est le rêve de tout éleveur allaitant : des veaux qui naissent facilement, mais qui deviennent des bêtes lourdes de viande. Installés à Evron, les Barrier y sont parvenus. “On limite les césariennes. C’est 5 % des vêlages”. Cela n’empêche pas Marc d’assister à tous les vêlages. Mais, rappelle-t-il, “vêlage trop facile, vente difficile…”Il importe d’avoir de beaux veaux. Car derrière, c’est le poids de carcasse qui assure un revenu.="text-align:>

Double allaitement


Que de chemin parcouru pour ces deux Sarthois d’origine depuis leur installation en 1978, avec une trentaine d’animaux, sur 39 ha. Aujourd’hui, l’exploitation s’étend sur 120 ha et compte 115 mères. Ils avaient choisi la Maine-Anjou parce qu’ils la connaissaient, leurs parents respectifs en élevaient. “C’est une race calme, facile à conduire. Et c’était la race locale”. A l’époque, elle possédait encore sa double production : “On pratiquait le multi-allaitement, se souvient l’éleveur. Quand deux vaches vêlaient, on mettait les deux veaux à téter sur la même vache, et on trayait l’autre. On vendait le lait à la laiterie, environ 30 000 litres.”Aujourd’hui, ces éleveurs commercialisent leurs bêtes avec Bœuf fermier du Maine, en filière Rouge des Prés (groupement Cam), et en boucherie (une vingtaine d’animaux par an, de type E et U). “Des amis en ont même vu un jour à l’île de la Réunion !” raconte Jocelyne. Grâce à leur réputation, ces éleveurs ont vendu des reproducteurs (environ dix par an), et même régulièrement à des Belges. “Cela a été le cas au dernier Cima, à Mayenne”.

Pour ces éleveurs, le concours d’Evron et les concours “de beauté” ne sont donc pas incompatibles. “Au Cima, on présente les reproducteurs, et au festival, on présente les produits des vaches qui sont au Cima”. Ainsi, quelques animaux ont marqué l’élevage. Leur taureau Ramoneur est arrivé premier à Paris. Sibelle y est allée trois fois. Une souche brillante puisque sa fille Delote a aussi connu les lumières du Salon de l’agriculture. Et demain, son arrière-petite-fille, Java, foulera le ring du Space, pour la dernière vraie sortie de ces éleveurs sur les concours de reproducteurs.

Fillon et Belmondo


Les concours donnent des souvenirs. “Un veau est né aux Quatre jours du Mans. On a proposé à François Fillon de le baptiser : il l’a appelé Belmondo.” Autre moment marquant pour ce couple : “Sur la ferme, avec BFM, on a reçu la visite de Dominique Bussereau quand il était ministre de l’Agriculture. Eh bien, il a téléphoné en direct à François Fillon pour lui dire : “Je suis devant Belmondo !”.

Il y a aussi eu des moments difficiles, en particulier les crises ESB et fièvre aphteuse en 2000-2001. “On ne vendait plus les taurillons”. Et plus récemment, “la hausse des prix de l’aliment, qui devient une plaie pour l’agriculture”. Mais, tout ceci est derrière eux. Marc est déjà en retraite et Jocelyne le suit dans quelques mois. La ferme est vendue, mais le repreneur ne veut pas du cheptel. Celui-ci sera donc dispersé lors des deux ventes aux enchères. Enfin, pas totalement. Il restera quelques bovins trop vieux pour être vendus comme reproducteurs. Ils iront séduire les bouchers une dernière fois au concours de viande de Noël à Evron, et pour finir à Mamers le 1er  avril.

Après tout ce tumulte, pour la première fois depuis longtemps, “on appréciera un hiver tranquille…”


Rémi Hagel

L’élevage en chiffres

ISEVR veaux nés en 2015 : 102,4 dont DMsev 107,4 (soit + 6,5 par rapport à la moyenne de la race), et FOSsev 103,5 (+ 3,6).

Index moyen de l’ascendance maternelle en 2015 : Avel 104 (+3,9), Alait 100,6 (+0,5).

IVV moyen : 385 jours.

+ 90 % vêlages faciles


A noter

Vente volontaire samedi 1er  octobre, de 10h à 18h, à Verdelle à Evron (route de Sainte-Suzanne). Restauration avec la confrérie de l’Entrecôte. Vente du matériel le 15  octobre. Marc Barrier : 06 18 25 98 54.


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Rémi Hagel

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