Publié le
Mardi 10 mai 2011

Sécheresse : les contrats Groupama gelés

La sécheresse n'est plus un risque : les pertes de rendement qu'elle va engendrer sont déjà sûres. Donc ne peuvent plus être assurées. Grou-pama ne signe plus de contrat multirisque.Le premier assureur de l’agriculture a arrêté la souscription de nouveaux contrats multirisque climatique, depuis le 21 avril, alors que la date limite de déclarations des assolements est traditionnellement fixée au 15 mai. Pour Groupama, les pertes de rendements sont déjà avérées et irréversibles, sur une grande partie du pays. Or, le code des assurances interdit de garantir un risque sûr et certain, qui ne serait donc plus un “aléa”. Les 61 000 contrats d'assurance multirisque déjà signés en 2010 restent, eux, bien valables (soit une couverture de 3,3 Mha).

Manque d'eau et température ont déjà amputé les rendements
Selon ses relevés, effectués fin avril, Groupama a observé une zone plus touchée par la sécheresse, dont l'Ouest fait partie : il s'agit globalement d'une partie nord de la France, située au-dessus de la ligne La Rochelle – Belfort. Par rapport à “la normale”, le déficit hydrique y est plus marqué, depuis février, jusqu'à 70 %, l'absence de précipitations de 25 à 50 % ; les températures supérieures de 1 à 3° C, voire 5° C, dans les Pays-de-la-Loire. Le stress hydrique est renforcé sous l'effet d'un vent quasi quotidien.Conséquences, les grandes cultures, qui présentent un développement précoce pour la période, souffrent. Les dégâts sont déjà importants mais surtout “irréversibles”. Dans les cas les plus difficiles, il ne reste plus qu’une talle par plante, ce qui signifie un nombre d’épis largement inférieur à ce qui est normalement attendu (200-300 au lieu de 500-600/m2). De plus, malgré le temps sec, les symptômes de maladies du type septoriose sont visibles, ce qui devrait conduire à des traitements importants.La baisse de rendement prévue se situe entre 10 % et 15 %, avec des pointes à 40 %.

Retour à la case départ ?
La situation critique des cultures avait suscité une demande assez forte de nouveaux contrats, indique le responsable de l’assurance agricole chez Groupama. Les agriculteurs qui n'avaient jusqu'ici pas souscrit d'assurance devraient donc se retrouver sans garantie : les risques grandes cultures devenus assurables, ils ne relèvent plus du fonds national de garantie contre les calamités agricoles. Si la sécheresse perdurait, Groupama appelle l’Etat à mettre en place un système de réassurance publique.

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