Publié le
Vendredi 11 avril 2014

Quels leviers actionner pour gagner en compétitivité, en volaille ?

Avec des produits 25 % plus chers que chez nos voisins, l'aval de la filière avicole a un réel problème de compétitivité. L'explication est en partie culturelle, selon Stéphane Salé, directeur de Maître Coq (LDC) : “Le consommateur français a des exigences plus importantes qu'ailleurs, ce qui impose une plus grande largeur de gamme dans les rayons des supermarchés, et c'est au détriment de la compétitivité.” En Allemagne par exemple, les supermarchés hard discount, où les rayons ne peuvent accueillir que peu de références différentes, représentent 40 % de la distribution. Autre explication, plus évidente sans doute, la taille des abattoirs, inférieur en France. “Au niveau de nos outils d'abattage, on est performants, mais on n'a pas assez investi pour s'adapter aux standards européens”, admet Gérard Guilbaud, président de Val'iance (Terrena). Pour lui, la compétitivité part de l'amont et va jusque dans les rayons de la grande distribution. Un avis partagé par Dominique Tremblay, vice-président du conseil régional chargé des questions d'économie : “On ne peut pas dissocier l'amont de l'aval.”


Des bâtiments plus performants en standard



Rénover le parc des bâtiments pourrait aussi permettre de gagner un peu de compétitivité. “Il faut des installations plus performantes sur le standard”, estime Stéphane salé. Et augmenter la taille des élevages ? “On est bien obligé de constater que l'agrandissement est inévitable”, explique Gérard Guilbaud, qui remarque au passage que “le développement se fait avant tout chez des éleveurs qui ont déjà des ateliers avicoles”. Au Louroux-Béconnais, Nathalie Langereau a un bâtiment de 2 400 m2. “Mon objectif, c'est de travailler le moins possible. On ne peut pas avoir une taille importante sans surcroît de travail.” Construire un nouveau bâtiment, elle ne l'exclut pas, mais à condition de trouver un associé. Pas facile… Et faire accepter la construction de bâtiments au voisinage relève de la gageure, constate l'éleveuse, par ailleurs présidente de la commission volaille de la FDSEA de Maine-et-Loire.



Des exigences à transformer en atout



Sans doute faudra-t-il aussi produire différemment, pour se différencier. “On ne produire pas de la volaille demain comme on l'a fait jusqu'à maintenant”, estime par exemple Gérard Guilbaud, qui remarque “qu'on a déjà perdu la bataille du prix”. Terrena veut emmener ses coopérateurs dans le concept d'une agriculture écologiquement intensive (AEI) et modifier les standards de production. “On est obligé de prendre en compte les nouvelles exigences et en faire un atout concurrentiel pour le consommateur.” Le directeur de Maître Coq “ne voit pas de production possible si on ne respecte pas le bien-être animal, une dimension qui se développe”.


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