Publié le
Vendredi 28 novembre 2014

Quel impact sur la gestion de 40 % de lait en plus ?

Le Bureau technique de la promotion laitière a mené son enquête auprès de 38 fermes de son réseau Ecolait (430 fermes en France), de différentes tailles. Pas n’importe lesquelles : celles qui ont augmenté leur quota de 40 % entre 2008 et 2012. “L’idée était de savoir quels effets avaient un agrandissement brutal, ou au contraire, linéaire”, explique Hervé Morainville, directeur du BTPL.
“L’un des enseignements est que les éleveurs rencontrent des difficultés au-delà d’une certaine taille. Mais le plus étonnant, c’est qu’un développement progressif peut mener aux mêmes impasses.”


Anticiper même en progression linéaire



Ainsi, des éleveurs qui ont agrandi leur troupeau de façon linéaire peuvent voir leur système s’écrouler “avec seulement deux vaches de trop”. Pourquoi ? “Parce qu’il n’y a pas eu d’anticipation des besoins.” Cela vaut pour les incidents sanitaires comme pour l’équilibre de la gestion.


Un exemple : “Le tuyau du lactoduc qui part de la salle de traite n’est plus adapté. Dans un premier temps, les effets peuvent rester a minima. Puis un jour, la qualité du lait régresse, ce qui conduit à des pénalités, et impacter la gestion de l’élevage.” D’où la nécessité d’une approche globale de la structure, insiste Hervé Morainville.


Autre enseignement : les exploitations qui ont eu un développement par palier (30 vaches d’un coup) ont une meilleure marge brute - “mais cela ne signifie pas que leur situation financière est meilleure !”


Malgré de grandes disparités entre éleveurs du réseau (le prix d’équilibre oscille entre 245 et 400 euros !), tous ceux qui ont augmenté leur production de 40 % “ont d’abord investi dans les outils de production, ensuite dans le stockage puis en dernier la mécanisation et le foncier”.



L’intensification et le stress augmentent



Sur ces exploitations, le maïs a pris le pas sur le pâturage, la charge par UMO a augmenté (+70 000 l en moyenne) sans embauche, des structures se sont regroupées. C’est le nombre de vaches qui est privilégié, et non la productivité par bovin.


Ces éleveurs estiment que leur charge de travail et leur stress sont plus importants... 60% d’entre eux projettent néanmoins de continuer à produire plus. “La taille du troupeau n’est pas une fin en soi, commente Hervé Morainville. Le plus important, c’est la capacité de l’éleveur à gérer son troupeau.”



Les chiffres de 440 fermes du réseau Ecolait font ressortir des écarts conséquents dans la rémunération du travail. Ainsi, 70 % des ateliers ont réalisé des résultats une fois déduits les charges de structure et une rémunération de 20 000 euros par UMO (unité de main-d’œuvre). Mais trois ateliers sur dix n’ont pu couvrir leurs charges.


Près de la moitié des élevages parviennent à dégager un excédent de plus de 10 000 euros par UMO, en plus de la rémunération de 20 000 euros. 17 % n’assurent en revanche qu’une rémunération inférieure à 10 000 euros par UMO. Les écarts importants se font sur les charges opérationnelles et de structure, les remboursements d’annuité et les litres produits par UMO.



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