Publié le
Vendredi 7 novembre 2014

Pourquoi faire le choix du blé hybride ?

Le semis requiert une vigilance particulière. Jacques Bertrand veille au grain.
Le semis requiert une vigilance particulière. Jacques Bertrand veille au grain.

Offrant un potentiel de rendement plus élevé en conditions difficiles, les blés hybrides sont recommandés dans des terres légères et irrégulières. Avantage agronomique, semences plus onéreuses, rendements supérieurs, est-ce qu'on y trouve son compte ?

Agriculteur à Jarzé (Maine-et-Loire), Jacques Bertrand a un peu de recul sur la question. Depuis quinze ans, il cultive une cinquantaine d'hectares de blé hybride, qu'il commercialise en panifiable. Il a délaissé les lignées pures dans l'objectif de mieux valoriser les terres hétérogènes du Baugeois. “Chez nous, on peut trouver quatre types de sol sur une même parcelle, allant du limono argileux jusqu'aux sables en passant par de l'argile.” Dans ces terres changeantes où il est difficile de réussir les cultures, le blé hybride s'adapte bien et assure une régularité de production.="text-align:>

“Les blés hybrides s'en sortent mieux”


C'est en effet ce que l'agriculteur apprécie, “la régularité des rendements dans des terres irrégulières”. Même le comptable le remarque dans les résultats. “On s'en sort quelles que soient les conditions. Dans les parcelles humides, les lignées souffrent alors que les hybrides se défendent, et en terres séchantes, ils résistent mieux grâce à un meilleur enracinement”, détaille Jacques Bertrand.

Question rendement, il oscille entre 75 et 100 quintaux, selon les parcelles et les années. “Je ne crève jamais des plafonds mais en moyenne, je tourne à 85 q/ha.” Jacques Bertrand constate sur ses terres, des rendements en hybride supérieurs de 15 % par rapport à une lignée. Et, aspect non négligeable, il produit plus de paille, “on récolte autour de 6 tonnes/ha au lieu de 4,5 tonnes et nous éleveurs, ça nous intéresse”. Après avoir semé la variété Hystar depuis plusieurs saisons, il choisit cette année une nouveauté, Hyfi qui affiche un potentiel de rendement supérieur.

Le gain de rendement compense le coût de la semence


Le coût de l'implantation à l'hectare est de 10 à 15  % plus élevé mais on le regagne à la moisson.” L'agriculteur estime que le surcoût de semence est compensé par deux à trois quintaux à la récolte. Le prix des graines hybrides est en effet élevé (70 à 75  euros la dose de 500 000 graines) mais la densité de semis recommandée est bien inférieure, car la plante présente un pouvoir de tallage très important. “On conseille 120 à 150 grains/m2”, avance Jean-Paul Gillot, technicien à la CAPL. Toutefois, “plus on avance en saison, plus il faut augmenter la dose de semences pour sécuriser la levée”.


Réussir le semis


Semer tôt, c'est un autre avantage qui séduit Jacques Bertrand, “en automne froid, on peut semer à partir du 15  septembre, c'est un plus car les conditions sont bonnes. En automne doux comme cette année, l'idéal était de semer autour du 10  octobre”. En revanche, “comme on sème à faible dose, il ne faut pas louper la levée, on doit être précis” prévient l'agriculteur. Jean-Paul Gillot confirme : “Je le conseille aux gens assez techniques qui savent réussir un semis à petite densité.” Jacques Bertrand est donc attentif à la préparation de sol, “je passe la charrue express Perrein. Avec une alternance de disques et de socs terminés par des pâtes d'oies, l'outil soulève la terre sans la retourner et mélange bien les débris. Ensuite, je sème au combiné classique.” Il implante généralement du blé hybride derrière un maïs ensilage ou un blé, cultures qui laissent peu de résidus au sol. “Après un maïs grain, il y a beaucoup trop de paille et ça gène la levée du blé, je préfère dans ce cas rester sur une lignée.”

Un itinéraire technique particulier ?


“Avec un semis précoce, le risque d'attaque de pucerons vecteurs de la jaunisse nanisante peut être accentué. Pour gérer ce problème, la plupart des agriculteurs choisissent des semences traitées Gaucho”, précise le technicien de la CAPL. Certaines variétés de blé hybride offrent une meilleure résistance aux maladies du feuillage (rouille, septoriose, fusariose) et quelques-unes au piétin verse. Concernant le désherbage, le programme est identique, “il faut juste vérifier que la variété n'est pas sensible au chlortoluron”. Jacques Bertrand, quant à lui, n'a pas remarqué de résistances particulières et applique le même itinéraire technique que pour un blé classique. Il précise toutefois qu' “avec plus de paille, c'est une culture sensible à la verse, on ne peut pas faire l'impasse d'un régulateur”.

Sabine Huet


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Sabine Huet

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4 décembre 2020 - N° 49
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