Publié le
Vendredi 4 janvier 2013

Porc et alimentation bio : concilier performances et sécurité digestive

Les matières premières bio riches en protéines sont peu nombreuses et beaucoup moins riches en protéines digestibles, ce qui nécessitera d’augmenter le taux de matière azotée totale (MAT) des aliments pour obtenir un apport comparable en acides aminés digestibles, et notamment en lysine (premier acide aminé limitant chez le porc).
Plusieurs programmes de recherche sont en cours pour tenter de trouver des solutions techniques suite à ce changement reglementaire. Le stade physiologique le plus problématique est celui du post sevrage car les besoins protéiques des porcelets sont importants mais leur sensibilité aux pathologies digestives est aussi très élevée. Les programmes de recherche se concentrent donc sur la phase de post sevrage, en partant du principe que les solutions techniques trouvées pour l’aliment 2e âge seront transposables aux autres stades physiologiques (porcs charcutiers et truies).
Grâce au recours à des sources de protéines conventionnelles très digestibles (levures, protéines de pommes de terre, gluten de maïs, etc.), les aliments porcelets 95% AB concilient un apport suffisant de lysine digestible (ratio lysine digestible sur énergie nette proche de 1) pour permettre un bon niveau de performances et un taux de MAT inférieur à 18% pour limiter les risques de pathologies digestives en post-sevrage. Avec le passage à l’aliment 100% bio, deux options sont possibles :
- Maintenir le ratio lysine digestible sur énergie nette proche de 1, en utilisant plus de tourteau de soja bio et en acceptant que le taux de MAT atteigne 20% voire plus,
- Maintenir le taux de MAT proche de 17%, en acceptant une forte baisse du ratio lysine digestible sur énergie nette (de 1 à 0,85) et donc une probable baisse des performances.
La première option est celle retenue dans le projet Casdar Porc Bio piloté par l’Ifip. Pour atteindre un ratio lysine sur énergie proche de 1 dans les formules 100% bio, le recours au tourteau de soja bio importé est indispensable, soit comme principale source de protéines (formule soja) soit en association avec 10% de concentré protéique de luzerne (formule CPL). Deux formules 100% bioont été comparées à une formule témoin 95% bio contenant des levures et des protéines de pommes de terre conventionnelles (tab. 1).
Pour maintenir le même apport de lysine digestible qu’avec les aliments 95% bio, il est indispensable d’augmenter le taux de MAT des aliments 100% bio. Mais cette stratégie apparaît plutôt risquée sur le plan digestif. Et elle ne permet pas d’obtenir la même efficacité alimentaire puisque l’indice de consommation se dégrade, quelle que soit la vitesse de croissance obtenue.


Des essais en Pays-de-la-Loire en 2013



L’autre option pour l’alimentation 100% bio est de conserver une MAT inférieure à 18% en acceptant une diminution de l’apport de lysine digestible. Dans ce cas, les risques de pathologies digestives en post-sevrage ne seront pas plus élevés et le recours au tourteau de soja bio importé sera moins important. Reste à chiffrer l’impact sur la probable baisse des performances de croissance et de l’efficacité alimentaire.


Le projet Monalim piloté par la chambre régionale d’Agriculture des Pays-de-la-Loire a pour objectif de trouver des solutions techniques pour réussir le passage à l’aliment 100% bio. En 2012, plusieurs matières premières bio riches en protéines (concentrés protéiques de luzerne, etc.) ont fait l’objet d’essais en station expérimentale afin d’évaluer leur appétence à différents taux d’incorporation. En 2013, plusieurs formules 100% AB utilisant ces matières premières seront testées dans cinq élevages de porcs bio pour chiffrer l’impact des formules sur les performances (croissance, efficacité alimentaire et taux de muscle).


Voir plus

Le journal
23 octobre 2020 - N° 43
Actualités
Flash Infos
Agenda
Annonces
Recherche