Publié le
Vendredi 24 juin 2016

Porc : producteurs et distributeurs testent un contrat avec prix garanti en Mayenne

Pour autant, ce contrat expérimental (signé en présence de représentants du Département, de la Région, et du préfet et du DDT de la Mayenne), doit permettre de “donner de la lisibilité aux producteurs. Ce qui est la porte de sortie nécessaire pour les éleveurs” pris dans l’étau d’une crise aux causes multiples. “On veut montrer l’exemple, mais ce n’est qu’un premier pas, poursuit le représentant syndical. On espère que d’autres éleveurs, et que d’autres enseignes suivront.” Et pourquoi pas ailleurs, dans la région ?


Une prise de conscience… des consommateurs ?



En Mayenne, les patrons des U ont eu “une prise de conscience” de la situation des producteurs, reprend Hubert Lechat, propriétaire du supermarché d’Evron et porte-parole des U sur ce dossier : ils auraient compris qu’il fallait “faire vivre le territoire”. Toutefois, insiste-t-il, ce contrat reste un test, soumis à un élément crucial : “L’acte citoyen”. “Ce sont les clients qui vont faire fonctionner (ou non) cet outil…”


L’idée de ce contrat a germé suite aux manifestations de l’an dernier. Il y a tout juste un an, c’est devant l’abattoir d’Evron que des producteurs de porc se réunissaient. Quelques semaines plus tard, des agriculteurs déversaient leur colère sur les parkings de supermarchés du département : celui d’Evron était particulièrement visé. Après les manifestations de l’été, le patron du Super U a voulu apaiser les relations. A la fin de l’été, un groupe de quatre producteurs et trois gérants de supermarchés ont alors entamé un dialogue qui s’est poursuivi durant plusieurs mois. “On a voulu montrer qu’on pouvait trouver des solutions, raconte Hubert Lechat. En porc, c’est complexe. Le cochon est éclaté. Mais il y a eu une volonté de part et autre.” Le résultat : la démarche Porc U 53.



“La volonté de faire simple” mais une gestion complexe des pièces



Mardi, à Laval, quatre producteurs ont signé avec dix magasins du département. “Il y a de la place pour six producteurs, dans un premier temps.” Ils bénéficieront d’un prix plancher à 1,40 euro/kg. Ce qui correspond au “prix politique” imposé cet été, et qui “permet de couvrir le coût de production”. L’autre “base” du contrat, c’est un prix de l’aliment à 250 euros/tonne. Si le cours du porc plonge, les U prennent “le risque” de devoir payer la viande plus cher que leurs concurrents. Si les prix augmentent, la Cam paie la différence. La coopérative a été sollicitée par la section porcine de la FDSEA53 pour trouver des producteurs volontaires. Elle aura en charge le règlement aux éleveurs et la collecte des cochons. De la même manière que pour tout autre adhérent. Pour le Porc U 53, “il n’y a pas de cahier de charge supplémentaire. La seule exigence, c’est que ces éleveurs soient mayennais”, précise Ivan Leclerc, le président de la Cam. La coopérative n’apparaît pas dans les contrats : elle lie seulement producteurs et distributeurs.


Pas de cahier des charges, seule compte l’origine mayennaise. Mickaël Guilloux justifie ce choix par “la volonté de faire simple”. “Des niches, il y en a beaucoup aujourd’hui. Les industriels nous disent qu’il faut faire de la différenciation. Il existe beaucoup, trop, de démarches qualité. Mais pour beaucoup, ce sont surtout des coûts en plus pour les producteurs.”


Un producteur peut fournir au maximum 50 % des porcs de son élevage. Pour ce qui est de l’abattoir, les enseignes U ont voulu continuer de travailler avec Socopa Evron. Un magasin peut acheter un cochon entier, un demi, ou seulement les pièces les plus nobles (filets mignons, longes, etc.). C’est l’aspect complexe du dossier : définir un prix d’après les différentes valorisations des pièces. “C’est ce qui explique sans doute que cela n’avait jamais été fait par nos collègues avant”, note Hubert Lechat. La démarche Porc U 53 est dès à présent en place dans les magasins mayennais.


Voir plus

Le journal
23 octobre 2020 - N° 43
Actualités
Flash Infos
Agenda
Annonces
Recherche