Publié le
Vendredi 22 mai 2020

Plus de 120 personnes testées positives au Covid-19 dans deux abattoirs

Cent vingt trois personnes étaient positives le 19 mai au Covid-19 dans deux clusters au sein de deux abattoirs, l'un près d'Orléans (Tradival, à Fleury-les-Aubrais) et l'autre près de Saint-Brieuc (Kermené, à Saint-Jacut-du-Méné), ont annoncé les autorités de santé. Un salarié de l'entreprise Ronsard, qui abat des volailles à Bignan (Morbihan), a aussi été testé positif le week-end dernier.

A Kermené, filiale de Leclerc, 69 cas étaient signalés mardi 19 mai, sur plus d'un millier de salariés dépistés. L'entreprise emploie 3 400 salariés répartis sur six sites. Tous les employés déclarés positifs travaillent dans l'atelier de découpe de porc, situé à Saint-Gilles-du-Méné. Pour le moment, le dépistage n'a porté que sur ce secteur-là. En attendant les résultats des tests, l'abattoir ne fonctionne qu'à 50 % de ses capacités.

Dans le Loiret, quelque 400 salariés d'un abattoir de Fleury-lès-Aubrais, où un “cluster” de 54 cas de Covid-19 a été confirmé le 18 mai, sans cas grave, qui ont subi un dépistage, a annoncé le 19 mai l'ARS Centre/Val-de-Loire. Pierre Pouessel, préfet du Loiret a décidé de fermer jusqu'au lundi 25 mai cet abattoir, qui se caractérise, selon lui, “par son obsolescence”. Didier Guillaume a, lui, évoqué la réouverture de l'abattoir “à partir de dimanche ou lundi.”

Les gestes barrière au centre des interrogations

Interrogé sur la possible difficulté d'appliquer les gestes barrière dans les abattoirs, Laurent Habert, directeur général de l'ARS Centre-Val de Loire, a estimé que les cas confirmés montraient “qu'il y a eu beaucoup de contacts et d'échanges dans cette unité au sein des personnels”. “Peut-être qu'il faudra qu'on regarde également, et ce sera un des buts de l'enquête, les conditions dans lesquelles les agents et les personnels sont ensemble, y compris en dehors des chaînes de production. Il faudra voir si les gestes barrière et de distance physique ont été ou non appliqués”.

Dans un communiqué, la Confédération paysanne a pointé du doigt “les cadences de travail infernales” dans des abattoirs devenus des “immenses usines”. “De par leur taille, leurs rythme et l’importante concentration d’animaux et d’humains, celles-ci se montrent également incompatibles avec le respect des mesures sanitaires du Covid-19”, estime le syndicat. “Il faut donc inverser cette tendance et redéployer des outils d'abattage dans les territoires.” Bien avant la crise sanitaire, la Conf' plaidait déjà pour des abattoirs “locaux ou mobiles”.

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29 mai 2020 - N° 22
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