Publié le
Mercredi 31 décembre 2014

Philippe Faverdin est directeur de recherche

Philippe Faverdin
est directeur de recherche à l’Inra.
Il observe une révolution dans les capteurs en élevage laitier.
De moins en moins chers, de plus en plus performants, ils se multiplient et produisent une masse de données
de plus en plus importantes. L’ère des big-datas, les méga-données, se profile en élevage et laisse entrevoir
de nombreuses applications.

L’ère du big data arrive-t-elle en élevage ?
Il y a actuellement une révolution dans les capteurs. Ils sont de plus en plus performants et bon marché. Dans la recherche, les données issues de capteurs nous intéressaient pour faire du phénotypage (description des caractères observables d’un être vivant, ndlr). Les nouvelles technologies nous offrent des données en continu et beaucoup moins chères. Nous saurons plus de choses sur les animaux et les éleveurs vont pouvoir faire du monitoring.
En quoi consiste le monitoring en élevage ?
Il permet la surveillance des animaux pour détecter la survenue d’évènements (reproduction, santé). L’un des plus anciens en élevage, c’est la détection des chaleurs à l’aide de podomètres, qui existe depuis plus d’une dizaine d’années. Aujourd’hui, on dispose d’accéléromètres en trois dimensions plus performants et plus précis. Avec l’augmentation de la productivité des vaches, les chaleurs sont de moins en moins nettes.
Au-delà du monitoring, il y a l’aide à la décision, voire l’action automatique. Le constructeur de matériel de traite Lely commercialise un système appelé DLM, qui permet d’optimiser l’utilisation du concentré en fonction des réponses individuelles des vaches et des éléments de prix. On peut aussi imaginer, en cas de trouble de santé détecté par les capteurs, des changements automatiques d’alimentation ou d’ambiance, pour faire de la prévention. Dans le futur, l’éleveur fixera des règles, mais en déléguera l’application à des automates.
Plus largement, quels serraient les usages du big data ?
A l’échelle d’un élevage, on peut penser que demain, un certain nombre de pathologies sévères pourraient être soignées plus précocement afin d’en limiter les effets, comme les mammites colibacillaires, par le suivi de la température que permettent les thermobolus ou d’analyses de postures par tapis sensibles ou imagerie pour les boiteries.
“On observe une révolution dans les capteurs en élevage laitier”

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