Publié le
Vendredi 4 octobre 2013

Pac : soutien à l’élevage, mais l’Ouest y perdra

François Hollande a livré ses arbitrages pour la réorientation des aides de la Pac. Le meilleur scénario pour l’élevage a été retenu. Toutefois, avec la convergence, les éleveurs de l’Ouest perdront des aides du 1er pilier.

Mercredi au Sommet de l’Elevage, le président de la République a donc annoncé ses priorités pour la réorientation des aides, notamment du premier pilier. Il a retenu le scénario le plus favorable à l’élevage, en surdotant les 52  hectares. Il pouvait y consacrer 30 % de l’enveloppe. Il a opté pour 20 %. Pour le paiement de base, il a annoncé la convergence progressive des aides à l’hectare à partir 2015, pour atteindre 70 % de la moyenne (cela pouvait être entre 60 et 100 %). Toutefois, les pertes liées à cette réorientation ne pourront pas être supérieures à 30 % du montant d’aides actuellement touché par l’agriculteur. L’aide aux jeunes agriculteurs sera de 1 % de l’enveloppe du 1er pilier (il pouvait aller jusqu’à 2 %). Les aides couplées porteront sur 15 % du budget.

Pour connaître l’impact réel pour chacun, il va falloir sortir les calculettes. Il y a tellement de tiroirs dans l’architecture de ces nouvelles aides, appliquées à tellement de situations différentes, qu’il est impossible d’en tirer des projections générales.

Néanmoins, les économistes ont déjà beaucoup phosphoré en amont pour élaborer des évaluations. “Il n’y aura pas de réforme de la Pac qui satisfera tous les éleveurs” prévenait Vincent Chatellier, lors d’une conférence au Space. L’économiste de l’Inra Angers-Nantes présentait ses projections pour l’Ouest. Voici ce qu’il avait retenu.

Le 1er scénario avec une convergence totale du montant par hectare des aides découplées faisait perdre 27 millions d’euros à la région Pays de la Loire. Le scénario 2 avec une convergence de 60 % n’était guère plus réjouissant. “Cela reste défavorable à l’Ouest” : - 26  millions d’euros pour les Pays de la Loire.

L’impact pour les Pays de la Loire


Le scénario 3 intégrait une surprime de 77 euros/ha pour toutes les surfaces éligibles au DPU sous un seuil de 52  ha (avec transparence des Gaec). L’impact en Pays-de-la-Loire est moindre : -2 300  euros en grandes cultures, +300  euros en granivores, +300  euros en bovins-viande, -1 200  euros en bovins-lait. Soit -12  millions d’euros pour la région. C’est le plus proche de celui retenu par François Hollande (mais le montant de la surprime différera probablement).

“L’Ouest reste perdant. La seule façon d’avoir un résultat neutre pour les laitiers de l’Ouest serait de surdoter les 52 premiers hectares de surface fourragère (et pas de SAU)” commentait l’économiste. Mais cela ne semble plus à l’ordre du jour.

Prime à la vache laitière


De leur côté les chambres d’Agriculture de la région avaient aussi réalisé des projections. Un élevage laitier sera perdant. Toutefois, les orientations retenues par le président limiteront la casse. L’hypothèse réalisée avec une convergence à 60 % et le paiement redistributif sur les 52 premiers hectares, estime la baisse de 12 %, soit 10 461  euros/UTH, contre une moyenne de 11 847  euros. La baisse aurait pu atteindre 8 371  euros, avec une convergence à 100 %. Ces calculs intègrent une prime à la vache laitière, confirmée par François Hollande.

Pour les bovins viande, les résultats sont extrêmes : les extensifs sont favorisés (+19 % d’aides du 1er pilier avec une convergence à 60 %) tandis que les engraisseurs peuvent perdre jusqu’à 40 %. Il reste à voir à quoi ressemblera l’aide à l’engraissement évoquée par le Président.

Rémi Hagel


Rémi Hagel

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