Publié le
Vendredi 12 mai 2017

Olivier Allain (EnMarche!) : "Retrouver de la valeur et payer les agriculteurs à des prix acceptables”

Olivier Allain est éleveur à Corlay, dans les Côtes-d’Armor. Soutien d’Emmanuel Macron, il a participé à l’élaboration de son programme agricole. Président de la chambre d’Agriculture de son département, il avait démissionné suite à son élection sur la liste de Jean-Yves Le Drian, aux élections régionales de 2015. En début de semaine, il était cité parmi les “ministrables” de la rue de Varenne.

Avant les Régionales 2015, vous ne vous étiez pas investi en politique. Vous avez finalement conseillé le futur président de la République. Comment analysez-vous cette victoire ?

Ce serait prétentieux de dire qu’on s’y attendait, mais on sentait un vrai besoin de renouvellement de la vie politique. Je savais par contre que la Bretagne serait le meilleur score, en France [au second tour, Emmanuel Macron y a obtenu plus 75 % des voix]. A un tel niveau, je ne l’aurais pas cru. Mais je ne suis pas surpris. Nous sommes une terre de démocratie chrétienne. Jean-Yves Le Drian avait fait du Macron avant l’heure [à la Région]. Et nous sommes une terre d’Européens convaincus.

Le monde agricole, plus Fillon que Macron au départ, y a-t-il contribué ?

Un score comme celui-là ne pourrait se faire sans le monde agricole et ses collatéraux. Chez nous, l’agriculture et l’agroalimentaire sont étroitement liés et représentent beaucoup d’emplois… On ne sait pas à quelle hauteur, mais il a forcément eu un poids. Personnellement, j’ai connu les montants compensatoires monétaires (2), les dévaluations de monnaie, j’ai vu les manifs… Les projets d’Emmanuel Macron sont adaptés à la vision qu’ont les Bretons.

Quelle est la première mesure, en matière agricole, qui sera mise en place ?

Les Etats généraux de l’agriculture et de l’alimentation. Ils ont un objectif très clair : redonner un prix payé digne de ce nom à la production. Seront réunis autour de la table la production, la transformation, la distribution et les consommateurs (pas les environnementalistes !). Il faut les mettre en ligne pour retrouver de la valeur et pouvoir payer les agriculteurs à des prix acceptables. On voit bien où on peut récupérer des marges. Et Emmanuel Macron ne veut rien s’interdire comme leviers législatifs (en adaptant des lois de concurrence, LME, etc. s’il le faut). Le rapport Chalmin indique que sur 100 euros d’achats alimentaires aujourd’hui, 6 euros reviennent aux agriculteurs. Idem en porc, le cours est remonté depuis un an sans que le consommateur n’y ait vu la différence.

Propos Recueillis par Frédéric Gérard

Frédéric Gérard

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