Publié le
Vendredi 9 octobre 2020

"Non aux fourrages dans les méthaniseurs"

"Nourrir les animaux ou le méthaniseur, il faut choisir", grince la Confédération paysanne. (photo d'archives).
"Nourrir les animaux ou le méthaniseur, il faut choisir", grince la Confédération paysanne. (photo d'archives).

Accaparement de foncier, besoin urgent de main-d’œuvre en agriculture, situation de l’élevage ligérien et projets de méthanisation : autant de sujets au menu de l’assemblée générale de la Confédération paysanne de Loire-Atlantique, en septembre.

Depuis des années, le syndicat pointe du doigt les contradictions de la méthanisation, l’introduction de fourrages dans les méthaniseurs s’avérant selon lui un "non-sens économique, écologique et social".

"Faut-il nourrir le méthaniseur ou les animaux ?"

"En Ille-et-Vilaine, le prix du maïs avait subitement augmenté l’an dernier, pénalisant des éleveurs qui souhaitaient acheter du fourrage", dénonce Jean-Christophe Richard, coprésident de la Confédération paysanne 44 et éleveur laitier bio à Couffé. "Or, une fois que la machine est en route, il faut alimenter le méthaniseur, ce qui pose la question de la concurrence des cultures énergétiques sur des surfaces qui pourraient être dédiées à la production de biens alimentaires."

"Cela avait entraîné une pression sur le foncier, poussant même la FDSEA 35 à s’en inquiéter." Toujours en Ille-et-Vilaine, la députée PS Claudia Rouaux a interpellé fin septembre le ministre de l’Agriculture sur les "dérives" de la méthanisation, qui entraîne spéculation foncière, nuisances liées au transport des matières et risques de pollution.

"Combien de calories de végétaux et de pétrole va-t-il falloir pour pouvoir faire une calorie de méthane ?", ironise le coprésident de la Conf’44. "La rentabilité est vite perdue si on va chercher trop loin les matières qui alimentent le méthaniseur."

Autre travers de la méthanisation, selon le syndicat : "Le procédé est présenté comme un complément du prix du lait pour les éleveurs, à l’instar du projet que porte la Coopérative d’Herbauges dans le nord du département. Autrement dit, on ne cherche plus à défendre le prix du lait en tant que tel. Du coup, on reste sur des modèles intensifs basés sur le fumier et le lisier, qui ne sont pas des déchets. On le sait bien en agriculture biologique, car ils constituent le principal fertilisant."

Le syndicat fait toujours du renouvellement des générations un défi majeur pour l’avenir, alors qu’à "horizon de dix ans, nous allons devoir remplacer 50 % des paysans".

"Difficile d’installer, quand on sait que la concurrence est énorme sur le foncier, avec des fermes qui continuent de s’agrandir et la Safer qui laisse la terre partir au plus offrant."

Christian Evon

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23 octobre 2020 - N° 43
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