Publié le
Vendredi 21 août 2020

Moissons 2020 : la qualité à défaut des rendements

Les colzas, dont les surfaces ne cessent de diminuer en France, enregistrent un peu partout une mauvaise année de plus.
Les colzas, dont les surfaces ne cessent de diminuer en France, enregistrent un peu partout une mauvaise année de plus.

Les moissons se sont achevées à l'issue d'une campagne culturale hors normes, marquée par des épisodes contrastés de pluies et de sécheresse. Les rendements sont très hétérogènes et la production 2020 en recul par rapport à l'an dernier, mais la qualité est au rendez-vous.

La production de blé tendre est “en net repli” et les rendements “très hétérogènes”, allant du simple au triple. C’est ce que confirment FranceAgriMer, Arvalis et Terres Inovia. “Mais la qualité est au rendez-vous”, tempèrent l'organisme public et les deux instituts techniques. Avec un rendement moyen de 68,3 q/ha, la production de blé tendre (29,7 Mt selon Agreste) serait inférieure de 17 % à la moyenne 2015 - 2019. Les surfaces sont, quant à elles, en recul de 13 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années.

Taux de protéines : décevant dans la région

“L'hétérogénéité des rendements constatée chaque année est encore plus forte cette campagne, avec des rendements qui peuvent aller du simple au triple, voire plus. Les moyennes régionales sont globalement inférieures à l’historique mais quelques régions s’en sortent mieux: c’est le cas de la Normandie, des Hauts-de-France, du Grand Est et de la Bourgogne-Franche-Comté, où les rendements sont proches voire supérieurs à la moyenne quinquennale”, notent FranceAgriMer, Arvalis et Terres Inovia.

Sur le plan qualitatif, les teneurs en protéines devraient répondre aux besoins des utilisateurs des blés tendres français. Les moyennes régionales sont généralement supérieures à 11,5 %, voire 12 % sauf dans les Pays de la Loire, en Normandie, en Bretagne et dans les anciennes régions Picardie et Champagne- Ardenne.

Orges d'hiver : de très bons calibrages

En orge d'hiver, la production atteindrait 7 Mt (- 22 % par rapport à la moyenne), mais avec de “très bons calibrages” et des poids spécifiques “corrects à bons”. “Le pic de chaleur fin juin s’est traduit par un emballement des chantiers en orge d’hiver”, rappelle le directeur Métiers du grain chez Terrena, Stéphan Beau. Effectivement, le rendement atteint 52 q/ha, en diminution de 26 % comparé à 2019. Déception aussi côté PS, à 64,5 kg/hl. En bordure Atlantique, la Cavac fait pire : l’orge fourragère ressort à 42 q/ha (contre 65 q/ha de moyenne quinquennale), son PS est sous les 60 kg/hl.

De son côté, l’orge de printemps réserve de belles surprises. Chez Agora, entre Oise, nord du Val-d’Oise et Eure, 60 q/ha ont été relevés, avec des pointes au-dessus de 90 q/ha pour certaines parcelles semées dès l’automne. La qualité est globalement jugée conforme aux attentes du marché, avec un taux de protéines autour de 10,5 %, un calibrage de 82 à 83 % en moyenne.

Le colza enchaîne les mauvaises récoltes

Les difficultés d’implantation des cultures et la gestion de plus en plus difficile des ravageurs pour lesquels les solutions de contrôle manquent sont à l’origine d’une baisse des surfaces en Bourgogne, Lorraine et Champagne-Ardenne. Les teneurs en huile sont en moyenne meilleures que l’année dernière.

Dans l’Ouest (Bretagne, Pays de la Loire et Normandie) et au Sud, l’alternance d’excès d’eau hivernaux et de sécheresses printanières a empêché un développement performant du système racinaire. L’alimentation et la croissance de la plante ont été perturbées et la production affectée.

Terrena, à 30 q/ha, remplit son objectif qui a toutefois été corrigé suite aux problèmes de semis. Le colza déçoit mais pas autant que les autres cultures. Soufflet relève 31 à 32 q/ha pour l’oléagineux, qui est le seul à dépasser les prévisions.

Agrapresse
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18 décembre 2020 - N° 51 - Notre dernier numéro
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