Publié le
Vendredi 27 mars 2015

Mieux valoriser l’herbe en viande bovine

Pour la troisième journée de formation, Laurent Ripoche accueille le groupe sur son exploitation à La Séguinière. Eleveur de Rouge des Près, il s'est installé en 1992 et a été rejoint par son frère José en 1997. Ils exploitent 125 ha de terres limono argileuses, “humides et froides”. Le principal de la SAU est en herbe : 93 ha de prairies temporaires multi-espèces : fétuque, RGH, RGA, trèfle violet et trèfle blanc. Sur le reste de la surface, les deux frères cultivent 12 ha de maïs ensilage et grain et 20 ha de mélange céréalier (triticale, avoine, pois) récoltés en ensilage ou enrubannage. Mais avec ce système, l'exploitation n'est pas autosuffisante. “On achète de la paille et 3 tonnes de concentrés par mois” déplore Laurent. Il projette de réduire la surface récoltée en immature à 5 ha et de réserver les 15 ha restant pour produire de la paille et du grain. La mouture de la récolte remplacera les concentrés. Et pour compenser la diminution des fourrages immatures, l'éleveur compte sur une meilleure valorisation de l'herbe.
Le cheptel allaitant compte 87 vaches et la suite. Les vêlages s'échelonnent toute l'année à partir du printemps. Les génisses sont réparties en trois lots : un lot qui vêlera à la mi avril, un lot qui vêlera l'été et un lot de génisses âgées de 6 à 18 mois. Le troupeau est géré de manière à respecter le cahier des charges de l'AOC Maine-Anjou qui impose un maximum d'un vêlage par hectare d'herbe. Les broutards sont vendus en circuit conventionnel alors que les vaches de réformes sont valorisées en AOC. Prochainement, l'exploitation sera convertie en bio. “On est proche à 99 % du système bio, on ne fait quasiment aucun traitement phytosanitaire et on n'épand que 2,4 tonnes d'azote minéral sur les céréales.”


Vers un système herbager plus performant



Aujourd'hui, les animaux sont conduits au printemps dans de grandes parcelles, après une coupe de foin. Ce sont soit des génisses, soit des vaches suitées. “En juin, il n'y a plus d'herbe, on les retire de la parcelle pour les remettre à l'automne”, explique Laurent. Son objectif : mieux organiser le pâturage et améliorer le système pour être autosuffisant. Mais le point faible de l'EARL, c'est le morcellement du parcellaire. Seuls quinze hectares sont autour des bâtiments. Le reste des surfaces est dispersé en quatre îlots de 15 à 35 ha, éloignés de 2 à 12 km. “Il faut compter un quart d'heure en voiture pour le plus éloigné.”



Dimensionner
les paddocks



Lors du tour de ferme, les discussions du groupe permettent à Laurent et José d'envisager des améliorations. Dans une des parcelles visitées, l'idée est d'amener 25 vaches avec leur suite, au fur et à mesure des vêlages et de les retirer au rythme des sevrages. Avec un besoin de 30 ares par UGB (pour être autonome en pâturage), les éleveurs doivent prévoir 7,5 ha. Pour configurer les paddocks, il faut compter 1 are par jour par vache. Sept paddocks de 1,10 ha peuvent donc supporter les 25 vaches pendant quatre jours, ou six parcelles de 1,25 ha si elles y restent cinq jours. La rotation serait donc de 28 ou 30 jours. L'ordre de pâturage des parcelles sera déterminé en fonction de la portance des sols. En cours de saison, Anne Marquet, animatrice du Civam, rappelle qu'il est essentiel de faire un tour hebdomadaire des parcelles. “Comptez une à deux heures par semaine pour évaluer si on est débordé par l'herbe ou si les vaches rattrapent la pousse et qu'il faudra alors complémenter.” Et de rappeler, “en avril, on ne voit pas l'herbe, il faut mettre les animaux même s'il n'y en a pas assez en apparence, sinon, on risque d'être débordé par la suite”.


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