Publié le
Vendredi 22 mai 2020

MDD et discounteurs donnés gagnants de l'après Covid-19

Les ventes de produits commercialisés sous MDD ont augmenté de 16/% depuis le début du confinement.
Les ventes de produits commercialisés sous MDD ont augmenté de 16/% depuis le début du confinement.

En temps de crise, les marques de distributeur et les discounteurs ont les faveurs des consommateurs. Celle engendrée par le Covid-19 ne devrait pas faire exception.

Le parallèle entre la crise induite par l'épidémie de Covid-19 et celle de 2008 est tout vu pour les cabinets d'études spécialistes de la consommation. A l'époque, avec la crise économique et la forte inflation, les Français “se tournent massivement vers les marques de distributeurs, fréquentent plus le hard discount”, se remémore le cabinet Iri dans une analyse dédiée à la paupérisation de la consommation publié le 13 mai.

L'épidémie de Covid-19 devrait dès lors entraîner les mêmes effets sur la demande. Les ménages français rempliront leurs chariots de marques de distributeurs (MDD) et se tourneront vers les supermarchés à dominante marques propres tel que Lidl ou Aldi.

Les MDD et discounters ont le vent en poupe

“Énorme phénomène “, a déclaré Anne Haine, directrice générale de Nielsen France lors d'un webinaire. Ils affichent 16 % de croissance contre 6 % “seulement” pour les marques nationales. Une trajectoire générée par une baisse du pouvoir d'achat pour une partie des foyers français qui “pourrait très naturellement se poursuivre à l'issue du confinement”. De plus, “quand il y a de l'inflation, il y a un gros retour des discounters”, analyse Daniel Ducrocq, directeur du service distribution de Nielsen. La situation économique d'un certain nombre de ménages va se dégrader du fait de la crise du Covid-19 et entraînera un”regain des supermarchés à dominante marques propres, qui sont actuellement très affectés”, renchérit-il. Ces magasins n'ont pas connu pendant le confinement la croissance des ventes des supermarchés et des magasins de proximité car ils ne permettent pas de constituer des stocks. Mais leurs attractivités remontent “au fur et à mesure de la montée des craintes sur le pouvoir d'achat”, analyse également Iri.

Les foyers aisés consomment premium et bio

La recherche du prix bas [...] n'empêchera pas en parallèle un besoin de réassurance et une attention accrue à la composition et à la provenance des produits (là encore une tendance qui n'est pas nouvelle), au moins pour les consommateurs qui pourront se le payer, analyse Nielsen. Les produits premium, locaux, bio ou de PME devraient bénéficier des achats des ménages les plus aisés car leur “pouvoir d'achat [sera] moins touché que le reste de la population”. “Au final, ce sont les produits milieu de gamme qui risquent d'en subir les conséquences, pris entre deux feux”, avertit le cabinet. Et non sans satisfaire les producteurs, les Français, aisés et moins aisés, veulent continuer de privilégier les produits hexagonaux.

Agrapresse

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22 mai 2020 - N° 21
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