Publié le
Vendredi 27 septembre 2013

Maîtriser les transferts de pesticides dans l'eau

Les quantités de substances phyto-pharmaceutiques entraînées hors parcelles sont faibles au regard des quantités appliquées. Mais elles peuvent être minimisées par des pratiques adaptées et la mise en place de zones tampon.
Les quantités de substances phyto-pharmaceutiques entraînées hors parcelles sont faibles au regard des quantités appliquées. Mais elles peuvent être minimisées par des pratiques adaptées et la mise en place de zones tampon.

Le Sdage actuel vient à peine de commencer que déjà le travail de préparation du prochain commence. Dans le même temps, la recherche avance : Arvalis organisait un colloque le 24 septembre sur “les pratiques culturales et la qualité de l'eau” à St-Jean-de-Linières (Maine-et-Loire).

Comment les produits de traitement des cultures se retrouvent-ils dans l'eau des rivières ? Une partie se dissout dans l'eau et une autre est emportée avec les particules du sol sur lesquelles elles sont accrochées. Ce sont les deux mécanismes principaux. A partir de là, il est facile de comprendre que plus la dose de produit appliqué en culture est forte et plus la quantité retrouvée dans l'eau sera importante (même si ces quantités sont très faibles en valeur ab). Egalement, si l'application du produit a lieu à une période où le sol est saturé d'eau, il aura plus de facilités à être emporté par les nouvelles pluies. Et on peut supposer que plus un produit sera entraîné rapidement par l'eau, moins il pourra être dégradé par les micro-organismes du sol et plus on en retrouvera dans l'eau. C'est la théorie. 

Mais les résultats des mesures obtenues sous des cases lysimétriques (1) dans des parcelles d'expérimentation montrent que la réalité est beaucoup plus complexe. Sur le site expérimental de la Jaillière (Loire-Atlantique), où les sols sont des limons sur schistes, la présence de l'herbicide bentazone dans l'eau de lixiviation et dans l'eau de ruissellement est peu fréquente (plus exactement : le nombre d'analyses où la présence de bentazone est excessif par rapport à la limite acceptée est faible). 
Sur le site du Magnéraud où les sols sont des argilo-calcaires sains, la fréquence de la bentazone en quantité excessive est à l'inverse très élevée. De même, cet herbicide passe dans l'eau après un temps long (plus de cinq mois après application) alors que le transfert de l'isoproturon (IPU) est très court (dans les 100 jours qui suivent l'application). 
Autre élément à prendre en compte, le drainage du sol est un facteur favorable pour certaines molécules (très peu de glyphosate dans l'eau issue de parcelles drainées) et défavorable pour d'autres (IPU par exemple). De proche en proche on découvre un comportement différent pour chaque matière active. 
C'est pourquoi il faudra décliner des règles de décision pour chaque produit en fonction du contexte pédo-climatique, c'est-à-dire définir une dose maximale de substance active en fonction de la période d'application, et réduire ainsi le risque de dépassement des seuils de référence. La maîtrise du nitrate semble facile en comparaison.
Christophe Zapata


Christophe Zapata

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7 août 2020 - N° 32
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