Publié le
Vendredi 1 novembre 2013

L'Ouest en pointe dans la valorisation des protéines

Les projets visant à réduire notre dépendance en protéines qui sont portés par les régions du Grand-Ouest, dans le cadre du Pôle agronomique Ouest, ont retenu l'attention de la Commission de Bruxelles dans le cadre d'un plan européen d'innovation.

"Au niveau interrégional, on a réuni les partenaires agricoles à travers leurs réseaux pour décliner les thématiques sur lesquelles on souhaite travailler” note Jean-Luc Millécamps, délégué général du Pôle agronomique Ouest. “Après pas mal d'allers et retours, au bout de deux mois d'échanges, on les a traduits en thèmes de recherche en se demandant qui pouvait nous accompagner.”

L'un de ces thèmes concerne la production de protéines sous forme de graines (pois, féverole ou lupin), avec aussi une réflexion autour du soja, “pour une utilisation à la fois en graines et sous forme fourragère, le soja pouvant être couplé avec du maïs et d'autres plantes à ensiler”.

Autre axe de travail : valoriser la luzerne, le pois ou tout autre protéagineux, seul ou en mélange. “Pour optimiser au mieux la protéine, il faut développer des itinéraires techniques et se poser la question des marges les plus intéressantes que les agriculteurs peuvent espérer en retirer” poursuit Jean-Luc Millécamps.

“S'intéresser à la production des graines, c'est bien, mais on étudie aussi leur transformation. On va discuter avec des partenaires pour savoir si on peut modifier certains types de séquençage de l'aliment pour les porcs : par exemple, y a-t-il un intérêt à séparer ou associer protéines et glucides ? On sait aussi de façon empirique que des graines germées peuvent être assez facilement assimilables. Maintenant, il faut vérifier si leur assimilation est différente selon les espèces et voir quelle technologie mettre en place pour que ça soit rentable.” La question se pose aussi pour les acides aminés.

Une démarche qui sera longue


“En partant de la production jusqu'à la transformation des graines protéagineuses, on sait que la démarche sera longue” conclut Jean-luc Millécamps. “On est dans la phase de rédaction des programmes de recherche avec les différents partenaires.” En 2012 et 2013, sous l'égide du Pôle agronomique Ouest, les régions Bretagne et Pays de la Loire ont organisé des symposiums qui ont rassemblé une centaine de participants : agriculteurs, organisations professionnelles, négociants et fabricants d'aliment du bétail, etc. Les échanges d'expériences avec des partenaires espagnols, italiens ou belges ont été fructueux.

En juillet, élus bretons et ligériens ont présenté à Bruxelles le fruit de leur travail et la Commission y a été très sensible. “On a envoyé un signal fort et dans le cadre d'un PEI (Plan européen d'innovation) “productivité et développement durable de l'agriculture”, nos deux régions ont pris l'initiative de porter la thématique de l'autonomie fourragère pour nos élevages” conclut Jean-Luc Millécamps. “On est prêts à travailler sur les protéines obtenues à la ferme et valorisées dans l'alimentation des bovins : laitiers et allaitants, à travers les aspects économique, qualité des produits et fiabilité des systèmes de production.”

Christian Evon


Christian Evon

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