Publié le
Vendredi 13 février 2015

Loger les vaches, combien ça coûte ?

Quand on s’intéresse au coût des bâtiments, il ne faut pas uniquement considérer la stabulation et la traite, mais toutes les composantes du site de production laitière car l’ensemble est connecté”, annonce Sébastien Guiocheau de la chambre d’Agriculture de Bretagne. L’approche du prix d’un bâtiment doit donc prendre en compte le logement des vaches, la salle de traite, la nurserie, les logements des élèves, les accès et le stockage des effluents et des fourrages. “Quand l’effectif de vaches laitières augmente, ce sont tous ces éléments qui sont impactés et cela engendre des coûts induits conséquents.” Réfléchir à la construction d’un bâtiment est aussi une étape cruciale car les choix à l’investissement influent sur les futurs coûts de fonctionnement. En effet, “les choix techniques de départ jouent directement sur les besoins de main-d’œuvre, les conditions et le temps de travail notamment la traite, le raclage et le paillage”. Or, lorsqu’ils projettent une construction ou une rénovation, les éleveurs attendent un gain de productivité et une amélioration de leurs conditions de travail.


Des bâtiments plus grands, plus fonctionnels



Depuis sept ans, la Bretagne marque une évolution dans les choix des éleveurs. Ils installent de plus en plus des logettes lisier. Coté stockage des effluents, ils choisissent plutôt des fosses béton ou géomembrane ayant des capacités importantes. La couverture de ces fosses est courante, “soit pour gagner de la capacité, soit pour avoir des produits plus concentrés qui seront plus faciles à gérer ultérieurement”. Au niveau de la traite, la tendance va vers de plus grosses installations et des robots. “Il y a dix ans, on ne voyait pas de traite par l’arrière en 2x14 places.” Associés à la traite, les locaux annexes (machinerie, bureau, stockage de consommables, locaux pour les salariés) prennent une importance croissante. Concernant le logement des élèves et des taries, les bâtiments sont devenus plus grands et plus ergonomiques pour faciliter le travail de distribution et de nettoyage. Les silos et hangars de stockage des fourrages et concentrés sont eux aussi plus spacieux. “On trouve maintenant des silos de 75 mètres avec un front d’attaque de 20 mètres.” Les accès et la voirie interne rendus indispensables sont réfléchis pour supporter des charges lourdes et ont de plus en plus d’emprise au sol. Des installations pour réduire la pénibilité deviennent systématiques comme le raclage automatique et les équipements d’assistance.



Voir en grand, combien ça coûte ?



Le Comité régional bâtiment de Bretagne réalise depuis sept ans un observatoire du coût des bâtiments. Cela a permis d’établir un référentiel de prix à la place de bovin pour chaque type de bâtiment, par corps d’état, avec plan à l’appui et quantitatif détaillé. Ainsi, l’aire paillée simple quai est évaluée à 2 400 euros par VL et les logettes sur caillebotis à 4 800 euros par VL, pour le logement et le stockage des déjections. Le bloc traite (bâtiment et équipement) se chiffre à 1 500 à 3 000 euros par vache, selon l’équipement et le taux de saturation. A cela s’ajoutent les autres composants : nurserie, stockage des fourrages et accès. Au total, le coût d’un site laitier neuf est estimé à 5 000 euros à plus de 9 500 euros par laitière. Ce référentiel étant mis à jour chaque année, le comité a pu constater l’évolution des prix. “Entre 2007 et 2014, la place de VL a augmenté de 200 à 300 euros pour le logement et les déjections, soit en moyenne 0,8 à 1,3 % par an.” Et pour l’équipement de traite, la progression est bien plus forte : plus 10 à 35 % selon la technologie et les options.


Sébastien Guiocheau précise que “ce document n’a qu’une valeur de guide en construction neuve car il y a de grosses variations suivant les choix techniques, le niveau d’automatisation, la réutilisation de l’existant, les matériaux mis en œuvre et la configuration du site”. Néanmoins, cela reste un outil intéressant pour évaluer les investissements, établi un avant-projet, et choisir de construire ou de rénover.



Pour en savoir plus



www.gie-elevages-bretagne.fr/admin/upload/Referentiel_prix_bat_tous_bovins_


Bretagne_mars_2013.pdf



Voir plus

Le journal
18 décembre 2020 - N° 51 - Notre dernier numéro
Actualités
Flash Infos
Agenda
Annonces
Recherche