Publié le
Jeudi 12 novembre 2020

L'horticulture attend Noël avec fébrilité

A Sainte-Gemmes-sur-Loire, chez Froger fleurs, principal producteur de fleurs coupées, on jette des milliers de fleurs...
A Sainte-Gemmes-sur-Loire, chez Froger fleurs, principal producteur de fleurs coupées, on jette des milliers de fleurs chaque jour, faute de débouchés.

Les horticulteurs ont "sauvé la Toussaint", mais ce deuxième confinement fragilise un peu plus les entreprises, à commencer par celles qui produisent des fleurs coupées et des produits de Noël.

Devant les serres de Froger fleurs à Sainte-Gemmes-sur-Loire, aux portes d'Angers, on n'en finit plus de faire grossir le tas de déchets. C'est la seule entreprise en Anjou à produire des fleurs coupées pour l'activité de gros, et c'est sa seule activité. Les fleurs sont jetées à la pelle, quand elles ne sont pas offertes aux hôpitaux ou aux maisons de retraite. "La semaine dernière, on a réalisé 20 % de notre chiffre d'affaires habituel, se lamente Emmanuelle Froger. Tous nos débouchés sont fermés : fleuristes, grandes surfaces et jardineries." Lors du premier confinement, cette entreprise de 40 collaborateurs avait perdu 800 000 euros de chiffre d'affaires.

Quel débouché pour le poinsettia ?

A La Flèche (Sud Sarthe), le gérant des Etablissements Besnard n'a guère le moral lui non plus. C'est l'un des plus gros producteurs de poinsettias, la plante emblématique de Noël, celle qui fleurit les tables des réunions de famille, le 25 décembre. Elle représente le quart de son chiffre d'affaires, et "dès le confinement annoncé, toutes les commandes des grossistes ont été stoppées net" raconte Florent Besnard.

Seule chose à faire, attendre en croisant les doigts que les mesures de confinement ne soient pas prolongées jusqu'au 15 décembre. "Pour l'instant mes huit salariés travaillent, mais je me pose la question de mettre du chômage partiel, pour les semaines à venir." Au printemps déjà, il avait dû jeter 10 % de sa production. "Un bouillon, on peut s'en relever, mais deux c'est plus difficile", soupire-t-il. "

Maintenant les trésoreries sont exsangues", s'alarme de son côté Antoine Pigot, administrateur de la Fédération nationale des producteurs d'horticulture et pépinières (FNPHP). "On ne peut pas se permettre de payer de nouveau des mises en culture et des salariés pour des plantes qu'on risque de jeter." Dans son entreprise de Tiercé, au nord d'Angers, le poinsettia représente 7 % du chiffre d'affaires. Par chance, le confinement est arrivé juste après la Toussaint, ici comme ailleurs les chrysanthèmes ont presque tous été vendus.

Outre la fin du confinement, les entreprises horticoles attendent les aides promises par l'Etat, toujours pas tombées : 25 millions pour le secteur, annoncés par le gouvernement au printemps.

Antoine Humeau

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27 novembre 2020 - N° 48
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