Publié le
Vendredi 14 juin 2013

Les vins de Loire ont peu à craindre de mesures de rétorsions chinoises

Si la Chine en vient à répliquer en s'en prenant aux importations de vins en provenance de l'Union européenne, les Bordeaux seront durement affectés, mais les vins de Loire, qui exportent une part infime vers l'Asie, devraient être très peu affectés.

PHOTO : Au salon ds vins de Loire. Le marché chinoisn très confidentiel pour les vins de Loire, est émergent.

Pour l'instant, nous n'en sommes qu'aux menaces. A la décision de Bruxelles de taxer provisoirement l'importation de panneaux solaires chinois, la Chine a répliqué en lançant une enquête antidumping sur les vins importés de l'Union européenne. Il s'agit là d'une manière de faire monter la pression alors que les deux parties doivent entamer des négociations. Cette enquête sur le vin, qui semble avoir peu de chances d'aboutir, constitue toutefois une vraie menace.

Les vins et spiritueux sont pour l'Hexagone l'un des rares secteurs contributeurs nets à la balance commerciale. L'an dernier, les exportations ont représenté un chiffre d'affaires record de 11 milliards d'euros et une contribution nette de 9,5 milliards. Selon la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS), la Chine est le 3e marché pour les exportations françaises de vin. Les vins et spiritueux représentent à eux seuls pas moins de 10% des exportations françaises vers la Chine.

Dans ce marché, le Bordeaux et le Cognac représentent à eux seuls 85% de l'ensemble. Plus de 500 000 hectolitres de vins de Bordeaux y sont exportés chaque année, ce qui classe la Chine, en valeur, en deuxième position derrière le Royaume-Uni.


Le Val-de-Loire peu concerné

Les vins du Val-de-Loire sont donc peu concernés par ce bras de fer. Moins de 3 000 hectolitres sont exportés vers la Chine chaque année. Chez Grands chais de France par exemple, l'une des plus grandes sociétés de commercialisation de vins et spiritueux, la Chine est le troisième marché export après l'Allemagne et le Royaume-Uni, mais les vins de Loire représentent là aussi une part infime : “Les Chinois ne connaissent pas encore les vins de Loire”, reconnaît Muriel Diebolt, responsable de l'administration des ventes pour la Chine.

Toutefois, c'est un marché émergent : “On a des opérateurs qui sont de plus en plus présents et qui essayent de développer leurs gammes, remarque Benoît Stenne, directeur général d'Interloire, l’interprofession des vins. On a des progressions à deux chiffres, c'est un marché en pleine croissance”.

La FEVS s'active pleinement à Bruxelles pour faire entendre sa voix. “Ce dossier est un serpent de mer depuis deux ans que la question photovoltaïque est devenue un sujet d'importance”, indique Benoît Stenne, par ailleurs ancien délégué général adjoint de la FEVS. Pour lui, “la Chine n'a pas 36 leviers pour nous faire plier”.

La FEVS compte aujourd'hui sur l'appui des autorités françaises. “Les vins européens ne bénéficient d'aucune subvention à l'exportation”, a précisé récemment le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll.

Antoine Humeau



Antoine Humeau

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