Publié le
Vendredi 17 juillet 2020

“Les serres chauffées sont un modèle pour atteindre le zéro pesticides”

Christophe Rousse est maraîcher à Nouvoitou (Ille-et-Vilaine), président de Solarenn, secrétaire général adjoint de Légumes de France.

La diminution des pesticides fait partie des mesures proposées par la Convention pour le climat. Légumes de France prend la balle au bond et met en avant l’intérêt de la culture sous serre : “Les serres chauffées sont un modèle pour atteindre le zéro pesticides” fait valoir la branche Légumes de la FNSEA.

“On pratique la lutte biologique, avec des insectes (coccinelles). Ils n’aiment pas quand c’est trop humide”, détaille Christophe Rousse. “Avec les serres chauffées, on maîtrise le climat. Nous n’avons pas de maladies. Les tomates, par exemple, sont originaires du Pérou. Elles aiment les températures élevées et l’hygrométrie pas trop élevée. On retire l’humidité en ouvrant les châssis, et ainsi on enlève les champignons (botrytis).”

Récupérer la chaleur

La consommation d’énergie peut être un reproche adressé aux serres. Christophe Rousse le balaie : “Nous disposons de petites centrales électriques : l’électricité produite est revendue à EDF, elle serait produite de toute façon autrement. Et grâce à la cogénération, nous récupérons toute la chaleur pour nos serres, ce qui n’est pas le cas avec une centrale EDF.” Certains font appel aux énergies renouvelables pour produire la chaleur (bois, méthanisation). D’autre part, argumente le maraîcher, “les tomates captent beaucoup le CO2. Il faut même qu’on achète du CO2 liquide, c’est un comble !”

Le ministre a détruit beaucoup de choses

Légumes de France tient à se refaire une image après les débats sur les tomates bio d’hiver de l’an dernier. “Ce débat n’a eu lieu qu’en France. Pendant ce temps, on importe des produits espagnols, en hiver et au printemps. Le dernier ministre de l’Agriculture a détruit beaucoup de choses.”

Rémi Hagel
Le journal
30 octobre 2020 - N° 44
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