Publié le
Vendredi 29 mai 2015

Les robots de traite, c’est “une installation sur deux en France”

En France, le marché des robots de traite est né dans les années quatre-vingt-dix, mais il a tardé à prendre son envol. “Il y a de l’affectif derrière tout cela. Déléguer ses vaches à une machine, ce n’est pas évident”, commente Edouard Alix, responsable robotique pour les pays du sud de l’Europe chez DeLaval. En France, 6 à 7 % des éleveurs sont robotisés contre 40 % dans les pays d’Europe du Nord, comme la Suède ou la Norvège.


Un robot rentable pour soixante vaches, soit 
l’élevage français moyen



Après une phase d’observation de quinze ans, la France est toutefois devenue moteur sur ce marché. Depuis 2007, le marché des robots de traite poursuit une croissance de 10 à 20 % par an. L’un des éléments déclencheurs, à l’époque, a été des prix “assez bons”, selon Edouard Alix. “Aujourd’hui, une installation sur deux se fait à partir d’un robot de traite. Le marché s’est beaucoup démocratisé.”


Autre explication : “Le robot de traite correspond bien à la taille de nos exploitations”, note Clément Allain, en charge de l’agriculture de précision à l’Institut de l’élevage. La rentabilité du robot se situe autour de soixante vaches, soit la taille moyenne des élevages français.


Selon les sources, le nombre de stalles est de l’ordre de 1,2 à 1,6 en moyenne par exploitation. “Dès lors que l’on veut racheter une deuxième stalle, cela demande de doubler le troupeau. C’est une condition limitante du système”, expose Clément Allain.


Pour amortir un robot, il est nécessaire de le faire fonctionner “à saturation”. L’investissement oscille entre 100 000 à 150 000 euros par stalle, sans parler des frais d’aménagement du bâtiment. Par ailleurs, “le coût de fonctionnement annuel du robot représente environ 60 

/1 000 l, contre 30 à 35

 € pour un système de traite classique”, avance Gabriel Giraud, directeur d’études chez Xerfi, cabinet d’étude.


De plus, les coûts alimentaires augmentent souvent. “L’herbe reste l’aliment le moins cher”, pointe Clément Allain. Or, si le pâturage reste possible avec un robot, ce système entraîne néanmoins une réduction des surfaces pâturées, souvent en lien avec un manque de proximité des parcelles (besoins moyens de 25 à 30 ha pour 50 vaches). La ferme expérimentale de Trévarez (Bretagne) expérimente un robot mobile, en prairie, mais pour l’heure, cela reste trop coûteux pour un réel intérêt.



Un amplificateur 
de performance



Edouard Alix précise, de son côté, que “le robot est un amplificateur de performance. Si l’éleveur est très bon, il peut devenir excellent, ou l’inverse ! Le robot nécessite beaucoup de rigueur. Il ne fait pas tout, même s’il décharge des astreintes”.


C’est d’ailleurs l’une des raisons qui poussent en priorité les éleveurs français à s’en équiper. Ce qui les démarquent là encore de leurs collègues : améliorer la qualité de vie est un argument qui dépasse la volonté de gagner en technicité. En Allemagne, c’est la recherche de gains de productivité qui va enclencher l’acte d’achat. Au Canada, pays très orienté sur la génétique, c’est plutôt la possibilité de mesurer en permanence les performances des vaches qui l’emportera.


A l’avenir, Clément Allain n’imagine pas une vraie évolution technologique dans le robot de traite en lui-même. “Par contre, d’autres concepts vont émerger sur les salles de traites rotatives par exemple ou sur d’autres types de traite”.


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