Publié le
Jeudi 1 octobre 2020

Les producteurs de porcs veulent faire évoluer la HVE

La filière porcine ne veut pas être l’oubliée des signes de qualité environnementale. Elle veut un label HVE plus adapté à l’élevage, et s’intéresse par ailleurs au label bas carbone.

La haute valeur environnementale (HVE) n’est "pas adaptée à l’élevage", constate Anne-Laure Boulestreau, chargée de mission filière porcine à la chambre régionale d’Agriculture. La HVE concerne l’exploitation entière, mais surtout la surface agricole. Elle s’articule autour de quatre indicateurs : biodiversité, irrigation, fertilisation et phytosanitaires. "Donc rien sur l’élevage", conclut la technicienne. Voilà pourquoi la HVE n’intéresse pas l’élevage actuellement.

Mais avec l’obligation prochaine pour la restauration collective d’inclure 50 % de produits durables, dont au moins 20 % de produits bio ou HVE, il y a une opportunité à saisir. La solution pour le porc ? Changer la réglementation ! Ou plus exactement "faire évoluer le cahier des charges de la HVE". L’argument est le suivant : "Une côte de porc estampillée HVE alors qu’il n’y a aucun lien avec l’animal peut tromper le consommateur. Il pourrait croire qu’il y a des pratiques environnementales spécifiques." Les discussions viennent tout juste de démarrer au niveau national entre les représentants de l’élevage (syndicalisme, chambres, coopératives), les associations et l’Etat. Les prochains groupes de travail sont programmés en octobre. "Cela avance très vite", remarque Anne-Laure Boulestreau.

Du bas carbone qui rapporte des euros

Autre dossier qui intéresse la filière porcine, le label bas carbone, lancé par le ministère de l’Ecologie. L’Ifip (Institut français du porc) a lancé une étude de faisabilité et des enjeux de la démarche en élevage porcin. Il s’agit de savoir si ce label permettra vraiment à la filière de valoriser ses efforts pour réduire ses émissions, puis de proposer une démarche qui pourrait être validée par le ministère. "L’aspect intéressant du bas carbone c’est qu’il y a une rémunération derrière pour l’éleveur." La Cooperl, Herta ou le Comité régional porcin (CRP) sont particulièrement intéressés pour promouvoir cela.

Pour l’instant, plusieurs leviers ont été identifiés : réduction des consommations d’énergie et des émissions d’ammoniac, amélioration des performances techniques, alimentation à basse teneur en protéines, ou encore méthanisation des effluents. Pour gagner quelques euros, il faut justifier de progrès par rapport à un seuil de départ. La tonne de CO2 économisée est payée 30 euros. "La réduction du nombre de kilos d’aliments utilisés pour fabriquer un kilo de porc fait qu’on a une efficience qui est bonne, et cela peut être récompensé", explique Anne-laure Boulestreau. "On a de tels résultats techniques dans les élevages des Pays de la Loire qui utilisent de l’aliment complet que l’on est systématiquement inférieurs à la moyenne des élevages français, en émissions de CO2." Le dossier commence tout juste, là aussi.

Antoine Humeau

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23 octobre 2020 - N° 43
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