Publié le
Vendredi 1 mars 2013

Les marges cultures s’envolent en 2012

Chaque année, la chambre d’Agriculture de la Mayenne actualise son observatoire des marges des cultures à travers la brochure Marges Brutes. Les marges des cultures sont calculées à partir des rendements départementaux multipliés par le prix de la culture, auxquels on soustrait le coût des intrants (semences, désherbage, protection phytosanitaire). La paille n’est pas comprise dans le calcul. Le prix de la culture prend en compte les prix fermes proposés avant récolte, le prix d’acompte et les compléments en cours de campagne, ainsi que les prix proposés après récolte et stockage.
La récolte 2012 a donné de bons rendements pour les cultures d’hiver (74 q/ha en blé, 37 q/ha en colza, 71 q/ha en orge d’hiver). Les cultures de printemps ont été un peu plus décevantes (25 q/ha pour le tournesol quand il a pu être récolté à temps et 80 q/ha pour le maïs grain. Des récoltes ont eu lieu jusqu’en décembre pour certaines parcelles). Les marges cultures sont plutôt bonnes cette année, grâce à la combinaison entre un rendement correct et un prix élevé.


Colza en tête, blé et orge d’hiver suivent



Le colza conserve sa première place (1392 €/ha), il gagne 255 € par rapport à l’année passée grâce au rendement correct (37 q/ha) et un prix élevé (480 €/t soit 60 € supplémentaire par rapport à 2011). Le blé prend la seconde place avec une marge de 1187 €/ha dégagée. Elle s’explique par un rendement correct (74q/ha) et un prix qui s’envole à 215 €/t (42 € de plus que l’année passée). La troisième place est attribuée à l’orge d’hiver avec 1100 €/ha, c’est le bon rendement associé à un prix haut qui l’explique. Le maïs grain talonne (1044 €/ha), la marge se situe au même niveau que l’année dernière alors que le rendement est moins bon (80 q/ha en 2011 et 93 q/ha en 2012) et les frais de séchage plus importants. Le triticale suit à 889 €/ha puis le tournesol à 848 €/ha. Les protéagineux ferment la marche avec des marges peu attractives malgré leurs intérêts agronomiques. Les pois de printemps, par exemple, dégagent 559 €/ha en comptant l’aide complémentaire Pac de 200 €/ha.



Niveau d’intrants : quelques clés de décisions



Le niveau d’intrants (semences, désherbage, protection phytosanitaire) de 2012 est plus élevé que 2011 et 2010, (72 €/ha supplémentaires pour le blé entre 2012 et 2011). C’est essentiellement le poste fertilisation qui l’explique avec une unité d’azote à 1,10 € en 2012 et 0,78 € en 2011. Le poste fertilisation représente pour le blé de 38 à 53% du coût des intrants suivant la rotation et l’apport d’effluents d’élevage. La réalisation d’un plan de fumure mais aussi d’analyses de sol pour piloter au mieux la fertilisation des cultures permet d’ajuster les apports finement et de limiter la dépense. Concernant la protection fongicide, sur blé, on estimait pour cette campagne environ 24 q/ha de nuisibilité en comparant le témoin non traité et le rendement obtenu avec la protection fongicide à trois traitements (essai mené à Saint-Fort). En 2011, le niveau de nuisibilité était de 7 q/ha. Le poste fongicide peut se raisonner comme celui de la fertilisation avec un prévisionnel autour de 75 €/ha, adapté par la suite en cours de campagne avec des observations à la parcelle et en fonction des conditions météorologiques.



Le prix de vente : un pilier dans la marge



A l’échelle mondiale, la campagne 2012 a accentué la pression sur les matières premières agricole. Sécheresse au semis du blé en Mer noire, sécheresse en Amérique du Sud lors de la période critique de remplissage du soja et de floraison du maïs, vague de froid intense en février en Europe, sécheresse près de la zone portuaire d’exportation en Russie, et surtout l’élément marquant c’est la plus importance sécheresse depuis 1956 aux Etats-Unis qui a propulsé les prix à la récolte à un niveau jamais atteint par le passé à même époque. En un mois, plus 50 €/t pour le blé, plus 40 €/t pour le maïs grain, plus 60 €/t pour le colza. Si le rendement était présent, le prix de vente à démultiplié la marge brute, les intrants n’augmentant pas dans la même proportion.



La rotation : le socle agronomique



La rotation reste le fondement de la réflexion dans la construction de l’assolement pour limiter les dépenses notamment de désherbage ou de fertilisation. Même si les protéagineux sont le parent pauvre en terme économique, leurs intérêts agronomiques restent présents en terme d’apports azotés, de coupure sanitaire.


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23 octobre 2020 - N° 43
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