Publié le
Vendredi 20 juin 2014

Les limites d’un système

L’actualité prouve que l’émergence de classes moyennes ne résout pas tout. Le Brésil est confronté à une inégalité historique entre populations. A l’image des “paysans sans terre”. Riches propriétaires et firmes d’agro-business se partagent le gros du gâteau. Sous leur pression, le foncier explose. Et pour assouvir leurs besoins d’espace, les investisseurs se tournent de plus en plus vers les pays limitrophes.
L’économie orientée à l’export crée aussi un souci de répartitions. Cinq produits concentrent 75 % de la valeur des exportations agricoles (soja, sucre-alcool, viandes, produits forestiers, café). La recherche de compétitivité au plan mondial fragilise le secteur agricole, surendetté, et fait subir aux producteurs “des taux d’intérêt très élevés par rapport à la moyenne internationale” (Centre d’études et prospectives du ministère de l’Agriculture français, mars 2012). “L’expansion du modèle agro-industriel marque une dépendance accrue de l’agriculture vis-à-vis du secteur industriel internationalisé (approvisionnement en intrants majoritairement importés).” Ce système amène régulièrement le gouvernement à la restructuration des dettes et l’abandon de créances.
Ceci, alors que seules 20 % des routes sont asphaltées. Qui dit infrastructures dit aussi sanitaire : nombre d’habitants ne profitent pas d’assainissement. Quant aux usines, elles laissent souvent à désirer. Les problèmes liés à l’alimentation se multiplient : les Brésiliens savent que le bœuf qu’ils mangent ne provient pas des abattoirs aux normes (réservés en priorité aux produits exportés), et que 30 % de cette viande est même d’origine clandestine. (1) FG

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22 mai 2020 - N° 21
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