Publié le
Vendredi 6 septembre 2013

Les fabricants cherchent de nouvelles perspectives

Il nous faut maîtriser les coûts, mais les prix des matières premières ne se font pas en Bretagne. On subit la demande chinoise, la sécheresse en Amérique­ du Nord, les problèmes logistiques au Brésil.” Aux entreprises d’ici de s’adapter, explique Laurent Morin, délégué général de Feedsim avenir (association des professionnels).

Les fabricants en Bretagne produisent 9  millions de tonnes d’aliments, par an. Mais ces chiffres ont tendance à fléchir du fait de la baisse du nombre d’élevages et des volumes produits dans les filières volailles et porc. En 2012, les fabricants ont ainsi essuyé une nouvelle baisse de 0,7 % d’aliments composés vendus, par rapport à l’année précédente. Pour faire face à ce phénomène, tout en assurant la modernisation des outils, les entreprises se restructurent, se rachètent, fusionnent. On en compte 17 aujourd’hui dans la région, contre 35, il y a dix ans.

Pour un geste de l’Etat

Mercredi, Coop de France Nutrition­ animale et le Snia (syndicat des industriels du secteur) ont salué la “prise de conscience” du Gouvernement qui annonce des plans de relance par filières (porc et volailles). Mais pour y parvenir, les deux organisations réclament que les entreprises soient exemptées en retour de l’écotaxe prévue, pour la livraison des aliments en élevage - de façon “temporaire”, au moins. Cette nouvelle taxe “ponctionnera de 25 millions d’euros des filières en difficulté”. Et de plaider leur activité “non délocalisable”, aux portes des exploitations françaises.

“Regarder ailleurs”


Autre mesure que réclament ces organisations de fabricants d’aliments : un plan protéine. Le Gouvernement prévoit d’affecter 2 % des aides du 1er pilier de la Pac aux cultures riches en protéines. Ce qui pourrait représenter immédiatement 3 millions de tonnes de graines, “soit l’équivalent de 1,2 Mt de tourteaux de soja, ce qui permettrait de réduire d’un tiers nos importations”.

La problématique ne résume plus aux simples fabricants, renchérit Laurent Morin. Aujourd’hui­, “l’idée est de ne pas se cloisonner par filières, agricoles ou agroalimentaires. On doit modifier nos formules (aliment) mais aussi observer quelles stratégies adoptent les autres entreprises, de la production laitière par exemple. Il y a quand même une stratégie globale à avoir, pour raisonner en terme de coût global.” Ce sera l’objectif du 2e colloque au Carrefour des matières premières, le vendredi.

Frédéric Gérard





Frédéric Gérard

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2 octobre 2020 - N° 40
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