Publié le
Vendredi 24 juin 2016

Les couvertures de sol améliorent la vie faunistique

Un protocole de suivi est en place avec des observations nocturnes avec projecteur et des battues à blanc. “A la levée des couverts, on voit une augmentation des lièvres qui viennent s’alimenter, et quand le couvert est bien développé, ce sont les faisans qui sont présents en nombre”, explique Mickaël Guenot de la fédération de Chasse. Les différentes strates de la végétation permettent en effet au gibier de se nourrir et de se déplacer.
Un suivi d’arthropodes est également effectué sur les parcelles. “On observe plus d’individus sur les sols couverts que sur les sols nus”, constate Philippe Rabiller de la chambre d’Agriculture. C’est un avantage sur les parcelles car les mille-pattes et collemboles dégradent la matière organique et les carabes, staphyllins et araignées se nourrissent d’œufs, de limaces et de graines. Si en plus, le couvert est connecté à un cours d’eau, une haie ou une bande enherbée, la petite faune et les insectes peuvent mieux circuler dans ce qu'on appelle un couloir écologique.


Des sols plus porteurs



Toujours dans le cadre du programme Agrifaune, des essais sont menés chez Philippe Cissé, éleveur laitier à Thoiré-sur-Dinan. Objectif ? Couvrir les sols entre deux maïs ensilage. La formule qui est retenue en termes de coût, de temps passé et de bénéfice est de semer le couvert en direct (semoir Vaderstad), de déchaumer (déchaumeur à disques) au printemps pour détruire le couvert et incorporer les effluents et de décompacter les sols (fissurateur Actisol passé à 20 cm) avant de semer les maïs au combiné herse rotative semoir. Le coût est évalué à 80 euros/ha et le temps de travail à une heure et demie. “Selon le développement du couvert, je fais un décompactage ou non”, relate Philippe Cissé. Le mélange est composé de 3 kg/ha de radis fourrager, 20 kg/ha d’avoine de printemps et 27 kg/ha de féverole de printemps. C’est une association qui produit beaucoup de biomasse et qui convient dans une rotation avec colza. La féverole d’hiver peut également rentrer dans la composition. “Elle pousse peu au départ et ne va pas geler. Au printemps, sa croissance va s’accélérer, elle restituera un maximum d’azote et sera quand même facile à détruire”, explique Philippe Rabiller.


Et pour l'agriculteur, c’est tout bénéfice. Il constate moins de battance des sols, une reprise des terres facilitée au printemps, et une meilleure portance. “C’est important quand on a du fumier à épandre. Je ne reviendrais pas en arrière.” Sur son assolement moitié prairie temporaire, moitié maïs, cette expérience l’a amené à arrêter le labour et à stopper les apports de chaux. “Le pH se maintient.”


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