Publié le
Vendredi 31 mai 2013

Les biotechnologies en viande bovine, c'est du concret

Les avancées technologiques de ces dernières années bouleversent l'élevage laitier. Avec quelques longueurs de décalage, elles deviennent accessibles aux éleveurs de vaches allaitantes. Dans l'édition de mars de son magazine, Amélis déroule des nouveautés à chaque page du chapitre “Vaches allaitantes”. “On vit la combinaison de trois techniques” décrit le directeur Jean-Marc Pinsault. “Le sexage des
semences, le monitoring et la
sélection génomique.”
Le monitoring, ce sont des outils tels que le HeatPhone, qui permet de détecter les chaleurs. L'éleveur est informé par SMS. Le système a nécessité une adaptation par rapport à celui utilisé pour les vaches laitières. “Les vaches allaitantes n'ont pas le même comportement.” Le fait de prendre en compte uniquement la suractivité ne suffit pas. Cela engendrerait beaucoup de sur-détection, explique-t-on. En effet, lors des tétées des veaux, la vache opère des mouvements de balancier de la tête, qui pourraient être assimilés à des comportements de chaleur. Le HeatPhone intègre donc quatre paramètres : la suractivité de l'animal, le temps passé au repos et à la rumination, le temps passé à l'alimentation, l'inclinaison de la tête de l'animal.
“Chez l'éleveur allaitant, la recette, c'est le veau qui naît” rappelle Jean-Marc Pinsault. C'est pour cela que le Vel'Phone qui prévient du vêlage imminent est précieux. Amélis estime qu'un veau sur deux peut être sauvé grâce au Vel'Phone, et un vêlage difficile sur trois peut être évité. Sur un élevage de 60 vaches allaitantes, le gain annuel minimum est évalué à 2 800 euros. Près de 300 Vel'Phones sont utilisés par des éleveurs allaitant d'Amélis.
Pour les veaux, l'autre grande innovation technologique est l'utilisation de la semence sexée, permettant de maîtriser le renouvellement, de mettre des femelles sur les primipares (vêlage plus facile), ou de choisir un veau mâle pour l'engraissement.


La génomique pas tout de suite



Malgré toutes ces innovations, la révolution de la génomique, qui permet de sélectionner les taureaux sur des caractères repérés sur l'ADN, n'est pas encore enclenchée. “C'est pour les deux années à venir” promet le directeur. La recherche s'est moins développée en allaitant parce qu'historiquement les éleveurs travaillent peu avec les inséminations artificielles, les coops d'IA ont donc eu moins d'intérêts financiers à investir. Mais “on peut espérer que les éleveurs vont s'intéresser à l'IA. L'écart des performances technico-économiques se creuse entre la monte naturelle et l'insémination artificielle” voit le directeur. Et s'il y a une demande, il y aura une offre...


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