Publié le
Vendredi 1 février 2013

Les bio considèrent qu'ils financent la filière laitière conventionnelle, et dénoncent l’interprofession

Recalée par la commission technique du 11 décembre, pour détails administratifs, l’OP Lait bio Seine et Loire vient d’obtenir sa reconnaissance, publiée au Journal officiel le 14 janvier.

Cette organisation de producteurs est transversale. Il s’agit d’une Organisation Producteurs (OP)  de mandat, “sans transfert de propriété” du lait. Elle regroupe sept associations de producteurs de lait bio qui livrent cinq laiteries du Grand-Ouest : Danone, Lactalis, Triballat, la laiterie de Saint-Père et la laiterie de Montsûrs. Potentiellement, cela représente 400 producteurs de lait bio. Une centaine aurait déjà adhéré, “en un mois d’existence”.

Les bio espèrent ainsi avoir pris suffisamment de poids pour obtenir “une gestion partenariale” avec les transformateurs sur les volumes et les prix. Les responsables de l’OP souhaitent aussi négocier le contenu d’un contrat-cadre qui lierait les producteurs à leurs différentes laiteries.

La création de cette OP transversale n’est “qu’une étape” en vue de “la structuration de la filière de lait bio”. L’objectif est maintenant de créer une fédération nationale des groupements d’éleveurs bio, “pour une gestion concertée et solidaire des volumes au niveau national, en relation étroite avec les autres groupements européens d’éleveurs laitiers bio déjà organisés”.

Les bio disent payer pour une interprofession conventionnelle

“Gestion concertée et solidaire des volumes” : c’est aussi sur ce point que la Fnab (fédération d’agriculture biologique) compte communiquer. Avec les nouvelles conversions, des litrages en plus, le marché du lait atteint sa maturité. Les représentants de la section laitière bio ont donc demandé à l’interprofession laitière de débloquer des fonds afin de sensibiliser les consommateurs. 

Mais ils ne semblent pas avoir été entendus, si l’on en croit un communiqué : “Depuis plus de 10 ans que la commission bio existe au Cniel, les producteurs bio ont toujours été volontaires. Ils ont été moteurs sur la mise en place d’indicateurs de marché, des volumes produits et en conversion, et de suivis des coûts de production du lait bio. Ils ont apporté leur expertise et leur point de vue pour essayer de construire une filière laitière bio dans les principes de l’économie sociale et solidaire. Voilà deux ans qu’ils demandent à ce que l’ensemble de leurs CVO (contributions volontaires obligatoires) financent des actions de communication et de développement pertinentes sur la bio. Force est de constater que cette demande n’a pas été entendue : seulement 11 % du montant total des CVO bio (132 000 euros sur 1,2 M€) servira à la communication du lait bio en 2013.” Tout en réclamant “un droit de regard” sur la destination de ces CVO, les représentants des producteurs de lait bio tirent cette conclusion : “La filière laitière bio finance la filière laitière conventionnelle.”

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23 octobre 2020 - N° 43
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