Publié le
Jeudi 30 avril 2015

Les AOC sont-elles compatibles avec les accords de libre-échange ?

Faire reconnaître et protéger les appellations dans d’autres pays est un combat permanent, principalement de la France. Cette idée très latine qu’un produit puisse être défini par un savoir-faire régional et des caractéristiques géographiques s’est surtout développée en Italie (premier pays en nombre d’indications géographiques), en Espagne, au Portugal... avant d’être admise, et désormais défendue, au niveau européen. Avec des différences : les pays d’Europe du Nord préfèrent l’IGP à l’AOP, moins contraignant.
L’UE doit désormais faire valoir cette notion face aux Etats-Unis, dans le cadre du traité transatlantique [lire ci-dessous]. Chef du service des relations internationales au ministère de l’Agriculture, Patrice de Laurens plaide pour un appui des organisations professionnelles françaises dans le cadre de ces négociations.


“On ne raconte pas seulement une histoire, on la certifie”



Malgré des réticences américaines, l’Inao défend la notion d’identité d’un produit. Au pays de l’Oncle Sam, les rois du marketing privilégient en effet la marque au produit. Les Américains savent inventer des relations au passé ou même à d’autres pays pour séduire l’imaginaire du consommateur — la France et ses régions servent ainsi plus de support de marque du bon goût et du savoir-vivre ; de nombreuses procédures judiciaires concernent ainsi des spécialités régionales.


La plupart des membres de l’Inao ne sont pas pour autant inquiets. “Raconter seulement une histoire, c’est du marketing. Là, on la certifie”, commente Albéric Valais, directeur de l’AOC Maine-Anjou. Les signes distinctifs ont ainsi plus confiance dans leurs capacités à se distinguer que les produits standards qui misent sur les gros volumes.



Des niches... et des refuges



Les Siqo (signes de qualité et d’origine) sont des niches, mais aussi des refuges. “En ces temps de crise économique, où le consommateur réalise un arbitrage constant entre ses dépenses, les AOC-AOP apportent au produit une véritable justification à l’achat. Il sort le produit de l’anonymat et l’associe à une zone géographique précise qui parle à l’imaginaire du consommateur.” Xavier Pilloy est conseiller en marketing alimentaire [lire aussi page 28]. Selon lui, l’alimentaire est également devenu “un vecteur privilégié de plaisir en cette période de crise”.


Dans les filières viandes, on se souvient aussi que du Label rouge à l’AOC, les signes distinctifs permettent de maintenir la confiance des consommateurs en cas de crises sanitaires. Un aspect souvent oublié, quand tout va bien.


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