Publié le
Vendredi 14 octobre 2016

Les aidants familiaux aussi ont besoin d’aide

Il y a de fortes probabilités pour que nous soyons aujourd'hui ou demain un aidant familial. “Nous sommes 11 millions à prendre soin d'un proche fragilisé, et vous ?” alertait le Collectif inter-associatif des aidants familiaux de la Mayenne (1), à l'occasion de la journée nationale des aidants le 6 octobre. Nombreux, mais souvent, isolé, chacun chez soi, dans un quotidien lourd moralement et compliqué techniquement. L'isolement et l'épuisement sont les deux risques majeurs qui guettent les aidants. Le Ciaaf 53 a mis le projecteur sur eux, en invitant les personnes concernées à débattre et témoigner aux Ondines, à Changé.
Parler, c'est déjà beaucoup, a constaté Marie-Noëlle Dreux, de la MSA : “Entre 2011 et 2013, nous avons organisé plusieurs réunions à destination des aidants. La priorité était de les écouter, sans les juger. Entre eux, très vite, ils se comprennent, et trouvent un soutien. Déjà, ils ne sont plus seuls.”


La possibilité
d'un répit



“On attend de vous que vous soyez des héros, mais il y a un moment où les héros sont fatigués, vous n'êtes que des hommes” analyse le philosophe Eric Fiat. “On ne se tire pas des sables mouvants qu'avec de la volonté. Il faut trouver une branche. Qui nous défatiguera ? Il est important d'aider les aidants”, notamment en leur proposant la possibilité d'un répit, pour une soirée, un week-end.



Des aides... à réclamer



Des aides institutionnelles existent. Encore faut-il les connaître. “Quand l'état s'aggrave, on peut demander la majoration pour tierce personne qui permet de salarier quelqu'un, mais souvent, on oublie de la demander” relève par exemple, Sylvie Gasneray, de la Carsat. Et la CAF d'ajouter qu'il est possible de financer les trimestres pour les droits à la retraite pendant le congé de soutien de l'aidant. “Mais il faut que la famille en fasse la demande...” Une réalité qui peut choquer, et dont cette infirmière libérale, dans le public, se fait le relais : “Les aidants sont déjà dans un désarroi pas possible, avec une vie professionnelle et sociale mise de côté. Ils ont des besoins et on les néglige. Qu'ils doivent réclamer de l'aide, c'est énorme !” Une journée comme celle-là est déjà un moyen de le faire savoir...


Voir plus

Le journal
18 décembre 2020 - N° 51 - Notre dernier numéro
Actualités
Flash Infos
Agenda
Annonces
Recherche