Publié le
Vendredi 18 octobre 2013

Les acteurs de la filière laitière invités à se prendre en main

C’est d’abord aux acteurs de reprendre la main, dès maintenant, pour recréer un vrai esprit de filière.” Stéphane Le Foll leur enjoint de renouer le dialogue et faire preuve de responsabilité. Donnant sa “confiance aux interprofessions” pour être le lieu des futures discussions. Rien de plus. Cette fois-ci, c’est donc très clair : les pouvoirs publics se désengagent de toute implication dans la filière laitière. Leurs derniers faits d’armes : la hausse de 25 euros /1 000 litres de lait payés aux producteurs... Et les couacs qui vont avec.
Les distributeurs (la FCD, accompagnée d’enseignes indépendantes) ne se sont pas exprimés. La position des autres organisations qui ont participé à cette table ronde peut surprendre. Producteurs (FNPL, Confédération paysanne, Coordination rurale) et transformateurs (FNCL, Fnil et Atla) en sont globalement ressortis satisfaits. Pourtant, hormis les mots, rien ne permet de penser que la situation vécue ces derniers mois va s’améliorer.
La Confédération paysanne note ainsi que “la nécessité d’un médiateur pour faire appliquer une hausse des prix aux producteurs au printemps confirme” que la filière manque d’outils pour fonctionner équitablement, et notamment, d’une gestion des volumes.


Les mots du médiateur



En présence de Stéphane Le Foll et Guillaume Garot, et d’un représentant de FranceAgrimer, le médiateur a demandé aux industriels (privés) de respecter les contrats qui les lient aux éleveurs. Selon lui, la hausse moyenne sur 2013 par rapport à 2012 devait être plus proche de 29 euros/1 000 litres. Le médiateur a également affirmé que les négociations du prix du lait en 2014 devront tenir compte de ces hausses.


Damien Lacombe s’en est réjoui. Le secrétaire général de la FNCL et président délégué de Sodiaal a renvoyé les critiques adressées à sa coopérative à la fin de l’année, assurant que Sodiaal “ne reprendrait pas les 25 euros de hausse aux éleveurs”. Damien Lacombe s’est aussi montré satisfait que “la guerre des prix entre distributeurs” ait été identifiée comme “un élément qui nuit à la capacité productive de la filière et pénalise l’investissement”. Si ce discours semble avoir été agréé par Carrefour lors de la table ronde, d’autres enseignes, comme Leclerc, semblent avoir plus de mal à l’entendre.


Une proposition émise lors de la réunion invite à interdire la publicité comparative.



Prochain rendez-vous 
en fin d’année



La FCD ne se serait pas montrée hostile à intégrer l’interprofession laitière, via un comité de liaison qui existe déjà, comme l’a suggéré la FNPL. Début décembre, la filière doit de nouveau se réunir, mais sans ministre. Malgré ce climat qui semble constructif, tout n’est pas apaisé pour autant. La FNCL a demandé à la DGCCRF (concurrence) d’être “vigilante”, accusant les distributeurs d’utiliser des “mécanismes financiers” pour “récupérer ce qu’ils donnent”: ce sont les fameuses marges arrière, aujourd’hui illégales. Quant à la prise en compte des coûts de production dans le prix de vente du lait... Il faudra encore attendre.


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