Publié le
Mardi 1 mars 2011

Les éleveurs inventent la police des viandes

Les éleveurs de la FDSEA et des JA ont multiplié les actions toute la semaine. Ils entendent faire pres-sion sur les grandes surfaces et les salaisonniers pour qu'ils utilisent les logos VPF. Les syndicalistes avaient fixé l'ultimatum au 16 février. Les Sarthois ont dégainé dès le mercredi soir [lire notre précédente édition], en Loire-Atlantique, les éleveurs sont allés rendre visite à Leclerc, et des actions ont également eu lieu à Chartres. La mobilisation s'est amplifiée le jeudi, en Ille-et-Vilaine, dans l'Orne, le Calvados, dans les Pays-de-la-Loire. “Les producteurs, par leurs actions ces derniers jours, ont voulu appeler tous les opérateurs de l’aval à jouer davantage le jeu du VPF en généralisant son utilisation et l’apposition de son affichage sur les produits qui répondent aux critères du cahier des charges”, précise l’association VPF.

Jeudi 17 au soir, la FDSEA et les JA de la Mayenne ont arrêté les camions frigorifiques, à plusieurs points du département, vérifiant si la viande transformée transportée était marquée du logo VPF. Les paquets non conformes étaient simplement jetés hors du camion. Au péage de la Gravelle, par exemple, les éleveurs ont découvert des cartons étiquetés VPF contenant de la charcuterie de marque distributeur sans origine : un subterfuge qui ne fait que renforcer la colère des éleveurs.

“Les prix ne couvrent pas nos coûts de production. On veut que tous les porcs passent au MPB, et qu'on impose le VPF” décrit Nicolas Denieul. Ce Sarthois fait partie de l'Onep (Coordination rurale), mais est venue prêter main-forte à ses collègues FDSEA parce que, selon lui, “il faut rester en actions intersyndicales pour peser. Sur le porc, nos idées sont les mêmes”.

Le droit de savoir

“Il faut bien dire qu'on n'est pas là de gaité de cœur” lâche un éleveur. Voir de la marchandise perdue ne fait jamais plaisir. “La viande jetée est sûrement française, mais alors, c'est dommage de ne pas le dire. Et si la viande est étrangère, le consommateur a le droit de savoir” analyse Ivan Leclerc, président du groupement de producteurs de la Cam. Il dénonce le double discours des enseignes comme Carrefour qui d'un côté demandent aux producteurs de respecter des cahiers des charges précis, et de l'autre importent de la viande espagnole. “Bien sûr, cela ne réglera pas tous les problèmes. Il y a aussi les distorsions de concurrence, le coût des matières premières, les promotions abusives. A 1,60 €/kg, le consommateur perd toute notion de prix. Il faut plus de raison là-dedans et ces opérations coup de poing servent à alerter sur cette situation.”

Bilan des courses à la Gravelle à minuit : sept camions aux produits non étiquetés. Florence Désillère, la présidente, qui s'est tenue informée par téléphone ajoute : “Plus quatre camions à Vaiges, deux là-haut (sur la route nationale), quatre en Maine-et-Loire, quatorze en Ille-et-Vilaine.”

Les manifestants se sont retrouvés dès lundi. Les Mayennais ont visé directement les supermarchés lavallois : par groupes, ils ont rendu visite à Carrefour, Leclerc, Promocash, Intermarché.

Difficile de mesurer l'impact à court terme. Mais jeudi soir, “nous avons eu une agréable surprise : le premier camion arrêté n'avait que des produits VPF” lâche Florence Désillière. Alors, tout espoir n'est pas perdu.

Des agriculteurs ont créé un lien sur Facebook

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27 novembre 2020 - N° 48
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