Publié le
Vendredi 13 décembre 2013

Le prix des céréales peut-il encore baisser ?

La consommation mondiale de céréales est en augmentation constante mais cela ne doit pas faire oublier de maîtriser les charges en proportion de la production réalisée.
La consommation mondiale de céréales est en augmentation constante mais cela ne doit pas faire oublier de maîtriser les charges en proportion de la production réalisée.

Pronostiquer l'évolution du prix des céréales est un exercice perdu d'avance. Mais il n'est pas inutile d'observer ce qui se passe dans le monde pour comprendre l'évolution des cours.

Lors de la journée technique organisée par Arvalis-Institut du végétal, le 10  décembre à Saint-Jean-de-Linières (Maine-et-Loire), Yannick Carel, du pôle économie et systèmes d'Arvalis­, a proposé une analyse sommaire du contexte économique des productions céréalières dans le monde. La récolte 2013 a été bonne dans tous les pays producteurs de l'hémisphère nord. 

Pour le maïs, les USA qui représentent 40 % de la production mondiale et plus du tiers des échanges mondiaux ont même annoncé un rendement moyen dépassant les 100 q/ha, soit leur 2e meilleur niveau historique. On attend des rendements très corrects en Australie et surtout au Brésil et en Argentine. Pour le blé, la récolte 2013 enregistre elle aussi un très haut niveau. Les surfaces emblavées au Canada­ ont beaucoup augmenté et le rendement a été bon. Même chose dans les pays de la Mer Noire. En Australie, la récolte en cours est très correcte. Mais, à la différence du maïs, la demande de blé a beaucoup progressé et les stocks n'ont pas été reconstitués. La première conséquence est la séparation nette du cours des deux céréales.

Info ou intox ?

Et pourtant, le blé et le maïs n'ont perdu “que” 40 à 50 €/t depuis le mois de mai. La raison ? L'intervention de la Chine avec des importations colossales. Elle qui exportait du maïs il y a encore quatre ou cinq ans, annonce des importations au double de l'an dernier, aussi bien en blé qu'en maïs. La question est maintenant de savoir s'il s'agit d'une demande structurelle, c'est-à-dire d'une demande pérenne pour les productions animales en forte progression dans ce pays. “Mais la Chine peut aussi bien profiter d'une détente des cours pour refaire ses stocks” prévient Yannick Carel. L'autre point qui va influencer les cours dans les prochains mois sera la mise en place de la prochaine récolte. La production américaine (nord et sud) pour la prochaine campagne dépend du rapport de prix entre soja et maïs. Le soja est plus intéressant actuellement, ses surfaces pourraient donc augmenter aux dépens du maïs.

La France reste bien placée mais ...

La consommation mondiale de blé continue d'augmenter. Mais l'influence de la Chine sur les cours invite à la prudence. Yannick­ Carrel insistait sur l'importance de maîtriser ses charges pour éviter les mauvaises surprises. A partir des chiffres de 5 000 exploitations adhérentes à CERFrance, le prix d'intérêt (1) pour le blé français est de 166 €/t en moyenne. Le cours est actuellement de 175 €/t. Donc tout va bien. Mais le prix d'intérêt calculé est une moyenne qui cache des coûts de production qui peuvent être beaucoup plus élevés. Cela reste viable grâce aux aides mais elles doivent baisser dans le cadre de la nouvelle Pac. 

Ceci dit, le niveau des charges/ha peut sembler élevé en France mais rapporté à la production, il est équivalent à la plupart des autres grands pays producteurs à l'exception des Pays de la Mer Noire (très en dessous). “Les céréaliers doivent aussi faire attention à l'Ukraine qui améliore ses capacités d'exportation et qui a fait parvenir des bateaux plein de maïs dans les ports bretons, à un prix encore inférieur de 10 à 15 €/t par rapport au maïs français.”


Christophe Zapata



Christophe Zapata

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