Publié le
Vendredi 9 janvier 2015

Le parc régional cherche à conjuguer les vertus économiques et climatiques des pratiques agricoles

Dans sa charte 2008-2020, le parc régional Normandie-Maine a inscrit ses engagements de lutte contre le réchauffement climatique. Avec une SAU couvrant 60% de sa surface totale, l'enjeu agricole est important. Afin de déterminer les principaux leviers d'actions sur les gaz à effet de serre (GES) et de réduction de la consommation d'énergies en agriculture, un groupe pilote a été constitué.

“L'objectif est que leurs intérêts — des systèmes rentables, l'économie prime — se croisent avec les nôtres”, précise le PRNM.

Une étude a été réalisée sur trois ans. Son bilan révèle quelques points intéressants —

“Rénover les prairies permettrait d'économiser 200 à 1200 euros de charges, selon les exploitations” (dont 12 euros/ VL/an). Mais l'étude affiche d'emblée les limites de son constat : elle ne se base que sur quinze exploitations, sur les 1600 présentes sur le territoire du parc. Elle a été réalisée au cours des trois dernières années, soit deux campagnes culturales complètes, ce qui reste

“insuffisant” pour en tirer des conclusions adaptables au plus grand nombre.

Cette ébauche, donc, a surtout permis de disséquer les grands axes d'action et de

“sensibiliser une partie des acteurs aux enjeux”… A commencer par les financeurs, collectivités et organismes agricoles. Il fallait en effet reconduire ces observations dans la durée. Les moyens humains manqueront encore pour proposer des accompagnements personnalisés aux exploitants.

Pour le PRNM, cette démarche s'inscrit dans une logique environnementale et paysagère : préserver le bocage. Pour les agriculteurs, cela peut apporter des clés pour s'orienter vers davantage d'autonomie. Et pourquoi pas, comme l'a envisagé le parc, soutenir le développement de certaines filières locales, bénéfiques à l'application des pratiques mises en reliefs par l'étude? Mais l'idée a été repoussée

sine die.

“On avait pensé au chanvre, parce que c'est une très bonne tête de rotations, explique Bulle Pouzoulet, chargée de mission sur les questions énergie et climat.

Mais les essais n'ont pas été concluants, la filière peine à se développer. Avec un risque de perdre définitivement les connaissances techniques sur le terrain.”

Les conclusions de l'étude pilote n'amènent pas de réelle surprise. Néanmoins,

“on ne se doutait pas de la puissance du levier azote”, confie Bulle Pouzoulet.

“On s'en doutait forcément : le pouvoir réchauffant du protoxyde d'azote est 300 fois supérieurs à celui du CO2. Mais pas à ce point. On a donc ciblé cette réduction, et cela s'est révélé très efficace.” [voir les tableaux]

Les intrants sont le deuxième poste le plus émetteur (28% des GES tous systèmes confondus). Jouer sur les intrants apparait donc doublement pertinent. Cela engage à diminuer les concentrés azotés pour le bovins, les engrais en cultures avec une optimisation des itinéraires techniques, et de recourir à des blés plus rustiques, par exemple. Pour les éleveurs, cela induit aussi une gestion et un entretien des prairies plus précis, conjuguée à une baisse des quantités de maïs… Qui se traduit par une baisse des postes mécanisation et énergie.
Mais

“parfois, on peut se heurter à la perception des agriculteurs. Modifier la gestion de la fertilisation azotée, c'est faire attention aux phytos, donc risquer d'entraîner une baisse des rendements. Il faudrait déjà peut-être changer de tête de rotations.” Pour s'engager dans ce changement de processus,

“il faut être prêt dans sa tête”. Ensuite, les économies générées répondent à l'intérêt premier des agriculteurs. “

La maîtrise de la fertilisation azotée pourraient rapporter sur les surfaces engagées entre 10 et 50 euros par exploitation et par an (9 euros/ha/an)”.

“Baisser sa consommation d'énergie, fioul ou électricité, est finalement le plus simple, mais cela n'a pas forcément un grand impact par rapport au levier azote”, remarque Bulle Pouzoulet. En termes de GES et d'euros. Néanmoins,

“les économies d'énergie pourraient conduire à une économie allant de 700€ à 2000€ par exploitation et par an”.

Texte mal balisé (Intertitre): La limite du nombre, et des moyens

Texte mal balisé (Intertitre): Des idées, des pistes, des leviers

Texte mal balisé (Intertitre): “La puissance du levier azote”

Texte mal balisé (Intertitre): Economies d'énergie : plus simple

Texte mal balisé (Signature): Frédéric Gérard

Texte mal balisé (Signature Mail): frederic.gerard@aveniragricole.net

Texte mal balisé (PESP_Titre bleu): Pour en savoir plus

Texte mal balisé (_PESP_Texte): Compte rendu de l'étude consultable sur
le site parc-naturel-normandie-maine.fr
rubrique Agir, onglet “agriculture/climat”

Texte mal balisé (_Legende): Pour le PRNM, l'étude climat énergie s'inscrit dans une logique environnementale et paysagère: préserver le bocage. Pour les agriculteurs, cela peut apporter des clés pour s'orienter vers davantage d'autonomie

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2 octobre 2020 - N° 40
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