Publié le
Vendredi 3 mai 2013

Le médiateur annonce une hausse de 25 €/1 000 litres sur 2013

ie texte, proposé à l’issue d’une semaine de discussion avec les éleveurs, les transformateurs et la grande distribution, devra encore être confirmé par les parties, précise le médiateur dans un communiqué.
Il prévoit également une “hausse technique” de 3 centimes le litre pour le lait de consommation et de 2 centimes pour le lait incorporé dans les produits laitiers, qui sera payée par la grande distribution.
“Le médiateur invite l’ensemble des acteurs de la filière à confirmer leur adhésion au dispositif dans les plus brefs délais”, afin que la revalorisation envisagée “soit effective dans les premiers jours de mai”.
Dans son communiqué, il souligne que “le prix d’achat du lait de vache aux producteurs est, depuis le début de l’année 2013, inférieur au prix du lait constaté sur le marché et ne [leur] permet plus de couvrir leurs charges”.
Cette hausse ferait l’objet d’une mention distincte en pied de facture. En contrepartie, les producteurs s’engageraient à ne pas perturber l’activité des distributeurs et des industriels pendant la durée de l’accord, qui porterait jusqu’à fin 2013.
“ Je ne vois pas comment les choses pourraient revenir en arrière après tout ce qui s’est dit à la table ronde du 8 avril “, commentait Thierry Roquefeuille, le président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) “ Ce serait vraiment qu’on n’est pas capable, dans ce pays, de voir les réalités économiques”. Pour lui, “ la hausse paraît cohérente en attendant une remontée des cours en 2013. Après il faudra aller encore plus loin, notamment avec la refonte de la LME “.
Les enseignes de la grande distribution auraient demandé à siéger dans l’interprofession laitière. Thierry Roquefeuille, qui en est également président, est sceptique : “ Ils gèrent beaucoup d’autres choses que le lait. Je suis pour qu’on ait une relation plus serrée, mais je ne suis pas convaincu que ça change les choses si on bouleverse l’interprofession. Dans la viande, les distributeurs sont dans l’interprofession et ça ne règle pas les problèmes de prix”.


Les producteurs approuvent



La FNPL (Fédération des producteurs de lait) se félicite de ces propositions et souhaite leur application sans délai. François Thabuis, président des Jeunes agriculteurs se dit lui aussi satisfait d’une telle base et "prend acte du bon travail du médiateur... Maintenant, on attend vraiment l'engagement des coopératives et des entreprises de transformation, dès le mois d'avril" dit-il. La Confédération paysanne également "prend acte de l’annonce d’une augmentation de 25 €/t du prix d’achat du lait par les transformateurs. Il était plus que temps, et ce n’est qu’un maigre dédommagement face à l’explosion des coûts de production que nous subissons depuis neuf mois."



Les transformateurs encore réservés



En revanche, les coopératives réunies au sein de la FNCL, si elles jugent indispensable la hausse du prix du lait payé aux producteurs, elles estiment "les mesures envisagées clairement insuffisantes pour assurer la reconstitution des marges des transformateurs." De son côté, la Fnil (Fédération de l’industrie laitière) ne voulait pas encore s’exprimer sur ce dispositif le 26 avril. Côté distributeurs, seul Carrefour avait émis une position, celle de "s'engager sans délai dans le dispositif proposé". Auchan affirme vouloir aller dans le sens de ce dispositif sans pour autant répercuter les prix aux consommateurs.


Globalement, les hausses envisagées par le dispositif du médiateur correspondraient à une enveloppe globale de l’ordre de 190 millions d’euros pour l’ensemble des produits laitiers au stade du détail. "Chacun est maintenant face à ses responsabilités", explique le médiateur Francis Amant qui rappelle que "ce sont les entreprises, individuellement, qui doivent se positionner et non les organisations professionnelles" pour leurs mandants. Dans son communiqué publié le 26 avril, la FNPL, affirme que "les éleveurs laitiers ne comprendraient pas que ce soit leurs clients directs (les transformateurs) qui "rechignent" à leur rétrocéder ce qu’ils ont perçu "en plus" de leurs propres clients (la distribution) ! L’argument visant à obtenir des hausses effectives de tarifs de la grande distribution s’est fondé sur la nécessaire revalorisation du prix du lait payé aux producteurs. La FNPL ne manquera pas de le rappeler à ceux qui ont la mémoire courte !"



Une hausse insuffisante



Pour la Confédération paysanne, Gérard Durand pense qu’un prix du lait “ en dessous de 350 euros les mille litres n’est pas suffisant avec la flambée des cours des matières premières “. Mais avec des trésoreries dans le rouge, “ malheureusement, on prendra ce qui viendra “, concède l’éleveur. “ Ça fait des mois qu’on nous dit que les cours mondiaux du lait flambent et on ne voit venir aucune hausse “, peste t-il.


De son côté, la Coordination rurale estime que ces négociations ne répondront pas aux attentes des éleveurs: “ L’augmentation de 3 centimes par litre de lait annoncée ne constitue qu’une gesticulation politique qui ne résoudra pas le problème récurrent du prix du lait”, analyse le syndicat, qui demande que les prix agricoles soient indexés aux coûts de production, avec une rémunération minimale.



Voir plus

Le journal
18 décembre 2020 - N° 51 - Notre dernier numéro
Actualités
Flash Infos
Agenda
Annonces
Recherche