Publié le
Mardi 24 mai 2011

Le GIE export ne fait pas l'unanimité

Les groupements ne veulent pas que le GIE export en préparation fasse du commerce en lieu et place des opérateurs existants. Le mode de gouvernance du GIE est aussi un sujet de tension à Interbev.Ce serait une erreur de dire, pour nous professionnels de la filière et pour les politiques, que l’export est le remède à tous nos maux” relève au nom de la coopération Guy Mérieau, le président de Bétail et viandes (Coop de France). Pour aurant, la nécessité de la création d’une structure, même si elle d’abord destinée à valoriser le maigre du grand bassin allaitant, ne peut laisser l’Ouest indifférent. “Une telle structure ne doit pas faire de commerce : c’est aux entreprises de le faire !” martèle Guy Mérieau, qui porte la voix de la coopération à la table des négociations.
Surprise encore fin avril quand les statuts, présentés par une commission spécialisée d’Interveb, doivent être signés par les participants dans les 48 heures. “A Bétail et viande, on s’est con-certés pour faire des remarques avant de signer. Le fait qu’elle soit enregistrée au registre du commerce nous chiffonne, même si on peut admettre qu’elle en fasse, au même titre que ses membres fondateurs” poursuit Guy Mérieau.

Il faut renégocier...
Mais c’est sans doute la proposition de la gouvernance du futur GIE export qui cristallise le plus les critiques. Les trois fédérations Coop de France, le SNIV (industriels) et la FFCB (commerçants) ont dénoncé la main-mise de l’interprofession sur la stucture, Dominique Langlois er Yves Berger se retrouvant de fait président et directeur du GIE export. La FNB a crié au scandale, jugeant inadmissible la position des trois réfractaires... Ambiance ! Guy Mérieau explique : “Dans le con-seil d’administration de six membres, Interbev disposerait de deux fois plus de voix que les cinq autres fédérations réunies. En plus, il y aurait au-dessus un conseil de surveillance, avec les mêmes rapports de force.”
Au nom de Coop de France, Bétail et Viande a fait des propositions d’amendements. “Les discussions continuent“, explique laconiquement Guy Mérieau. “Si on se lance à faire de l’export, il doit y avoir une solidarité financière entre tous les membres. C’est clair : on n’ira pas vera la création d’une structure telle qu’elle nous est proposée actuellement.”

Regrouper l’offre
Dans son rapport moral, Philippe Dagorne, le président de l’Urgo, a partagé l’ambition de Coop de France de consolider l’activité d’engraissement en France. “Nous avons l’expérience et le savoir-faire pour engraisser les JB, ainsi que les outils d’abattage. On a collecté l’an dernier près de 274 000 jeunes bovins, soit près du quart de la production nationale.” Il a aussi plaidé pour apporter davantage de sécurisation aux récents investisseurs et pour mieux adapter les produits aux marchés. Les groupements ont fait le choix de travailler en interface autour de leurs unions régionales. “Sur les quatre régions
du Grand-Ouest, nous comptons quatorze organisations de producteurs commerciales et environ 500 activités de négociants. A qui doit-on parler de regroupement ?” a conclu Philippe Dagorne. “Chaque jour, nous réunissons l’offre de 23 000 clients et apporteurs.”

Polémique sur les statuts du GIE Export
C'est le 27 avril que les statuts du GIE export, idée lancée par Pierre Cheval-lier (FNB) en janvier dernier, devaient être approuvés par les prési-dents de l'interprofession (Interbev). Il n'en a rien été, et c'est même à un échange plutôt virulent qui en a découlé entre les différentes organisations.
La Sniv-SNCP (Bigard), Coop de France et la FFCB (fédération des commer-çants en bestiaux) ont estimé que ce GIE devait se borner à “coordonner les acteurs dans leur prospection de marchés grand export” mais en aucun cas supplanter la stratégie de commercia-lisation propre à chaque acteur économique. Ce refus a été qualifié “d'injure aux éleveurs” par la FNB. Dans l'Ouest, les JA ont même demandé des comptes à la coopération. Celle-ci a répondu que “les projets de statuts du GIE qu'il nous a été demandé d'approuver en urgence, ne correspondent pas à cette approche” (expliquée ci-dessus). Hugues Beyler, directeur de la FFCB, ren-chérit : “Ce n'est jamais bon de passer un dossier en force en huit jours. Certains dossiers nécessitent trois ans…” Son président, Gé-rard Poyer, mâche moins ses mots : “La FNB a droit de tout. Une attaque fron-tale de ce niveau n'aurait pas pu avoir lieu en sens inverse : la FFCB se serait fait incendier.” Et de préve-nir: “Si la FNB continue, on fait exploser Interbev !”
Les statuts de ce GIE ne sont pas parfaits, semblent s'accorder l'ensemble des parties, jusque chez les abatteurs. Fabien Cornen (SVA, dont le PDG Dominique Langlois, à la fois président de la FNICGV et d'Interbev, admet que “certaines cho-ses sont à réajuster” mais estime que “le GIE Export est une bonne initiative”: “Le point positif c'est de rassembler l'ensemble de la filière autour de la table.” Unie, la filière française pourrait plus facilement faire lever des embargos, etc., sur les marchés étran-gers. “La mise en place de ce GIE n'est qu'une étape à franchir pour résoudre les maux actuels de la filière. Cependant, elle est néces-saire”, juge JA Ouest. Ne reste plus qu'à s'entendre.

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