Publié le
Vendredi 22 mai 2020

Le Gaec Armaine chauffe ses porcs au bois déchiqueté

Alain Beccard, associé du Gaec Armaine, a choisi le bois déchiqueté.
Alain Beccard, associé du Gaec Armaine, a choisi le bois déchiqueté.

Pour leur élevage de sélection porcine, en cours d’agrandissement et de rénovation, les associés du Gaec Armaine (Sarthe) ont choisi le bois déchiqueté. Une manière non seulement de dépenser moins, mais aussi de reprendre la maîtrise de son énergie.

Mars 2020 : le Gaec Armaine (Val d’Etangson, Sarthe) met en route sa chaudière eHack 130 (ETA) qui fonctionne en bois déchiqueté pour alimenter les bâtiments de son élevage de sélection porcine. Tous ses bâtiments : les anciens, mais surtout les nouvelles installations au fur et à mesure qu’elles sortent de terre. En effet, les trois associés Alain Beccard, son épouse Michelle, et William Bernard investissent sur deux ans quelque 3 M€ pour doubler leur production, un processus délicat pour un élevage intégralement sous pression d’air filtré comme dans les hôpitaux. “Les travaux, qui ont commencé en mars 2019, vont durer jusqu’à la fin de l’année 2020. C’est assez vite après que William nous a rejoints en 2013, que nous avons décidé d’aller vers du bois énergie. Nous avons de quoi voir venir : nous avons peut-être 20 km de haies autour de nos 290 hectares sans oublier une dizaine d’hectares de bois” sourit Alain Beccard. Il marche dans les pas de son père qui avait déjà fait le choix de l’autonomie très tôt en consacrant toutes ses surfaces à la production des aliments à la ferme, en drainant et en irriguant les maïs, sans oublier le pressage du colza pour alimenter le tracteur et les porcs.

130 kW pour 360 truies et leur suite

Entièrement automatisée, la chaudière est installée dans une chaufferie indépendante, quasiment au centre du site. “Une bûche commence par se réchauffer avant de s’enflammer. Avec le bois déchiqueté, cette première phase est très courte, c’est donc plus performant” pointe le producteur.

La sonde et le réglage de la combustion ajustent l’apport adapté d’oxygène. L’arrivée du bois, par une vis sans fin alimentant le sas rotatif à chambre unique, empêche que la combustion ne se propage à revers, de la chambre à combustion vers le silo de stockage du bois. L’efficacité de la combustion produit une masse minimale de cendres : 3 tonnes de bois génèrent environ 30 kg de cendres. Le choix des 130 kW de la puissance de la chaudière s’est basé sur les besoins de l’ensemble des animaux au maximum, en plein hiver (360 truies et leur suite).

La chaudière produit l’eau chaude, stockée dans un ballon tampon de 3 500 litres. L’ensemble des canalisations contient environ 4 000 m3 d’eau, destinée au chauffage des bâtiments via des aérothermes dans chaque salle (avec des températures de consigne adaptées à l’âge des animaux) mais aussi des plaques chauffantes pour les porcelets, de la naissance au sevrage. “Les truies n’aiment pas avoir trop chaud alors que les porcelets ont besoin de 27 à 28 °C. Depuis leur mise en route, nous n’avons quasiment pas eu de porcelets écrasés par leur mère car ils n’ont plus tendance à aller chercher la chaleur en se plaçant sous la truie quand celle-ci se lève et d’y rester quand elle se recouche.” Les éleveurs ont choisi de se passer des ampoules chauffantes, sauf pour les premières heures après la mise bas.

L’énergie produite par la chaudière sert aussi à chauffer l’eau destinée à la production de la soupe des porcelets à environ 35 °C.

YB
Un bon calcul

La chaudière et son installation ont coûté 65 000 euros. Puis il faut compter l’abattage et le déchiquetage, délégués à la Cuma La Cigale pour les 300 m3 nécessaires par an. “Le bois déchiqueté nous revient environ 6 fois moins cher que l’électricité et 3 à 4 fois moins cher que le gaz. Et nous reprenons la maîtrise de notre énergie, même si bien sûr il faut investir du temps pour transporter le bois déchiqueté des haies jusqu’au stockage. Mais, entretenir les haies et le paysage, ce n’est pas du temps de perdu et notre énergie est réellement renouvelable”, explique Alain Beccard.

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22 mai 2020 - N° 21
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