Publié le
Jeudi 18 juin 2020

Le Covid-19 a provoqué un “contre-choc” énergétique mais pas de crise alimentaire

La situation de marché est excédentaire, particulièrement en maïs.
La situation de marché est excédentaire, particulièrement en maïs.

Le coronavirus a provoqué un “contre-choc” énergétique, mais pas de crise alimentaire, selon le rapport Cyclope présenté le 9 juin. Cyclope décrit “un contre-choc énergétique majeur”, avec des répercussions jusqu’au maïs et sucre, via l’éthanol, au palme et colza, via le biodiesel. En revanche, l’économiste Philippe Chalmin, son coordinateur, a relevé “tout un discours autour d’une crise alimentaire que franchement nous n’avons pas eue”, avec seulement “quelques tensions sur le riz ou le blé”. Pour lui, la crise “n’a pas eu un impact si important que cela” sur les commodités, hormis d’avoir montré certaines “fragilités” y compris dans le monde du négoce international.

Le rapport montre un contexte de “grains qui restent abondants” dans le monde. Faute d’accident climatique majeur, “la situation de marché est largement excédentaire”, a souligné Philippe Chalmin. C’est particulièrement vrai en maïs, touché de plein fouet par l’effondrement du pétrole et la perte de débouchés en biocarburant. “La perspective sur le marché du maïs est particulièrement négative”, a-t-il insisté, notant aussi une grosse récolte prévue aux Etats-Unis.

De plus, les cours des viandes et des produits laitiers subissent également des pressions baissières.

Un point de vigilance sur les marchés mondiaux est lié à une actualité plus récente : l’invasion de criquets pèlerins qui ont “largement dévasté une partie de la production agricole en Afrique de l’Est” et se retrouvent maintenant entre l’Inde et le Pakistan. Il y a là un fait “majeur”, selon l’économiste qui alerte sur les conséquences possibles en matière d’équilibre offre/demande pour le blé, le riz, le coton.

Comme en 1974

Au total, l’indicateur Cyclope Global compilant les marchés mondiaux des matières premières, de l’ananas au zirconium, a baissé de 42 % pendant la crise du confinement, mais seulement de 10 % si l’on exclut le pétrole. “L’énergie, au sens le plus large, aura été la principale victime” de la crise, note le rapport. “Il y a dans la crise de 2020 nombre de caractéristiques qui renvoient non pas à 2008, mais à 1974”, dans la foulée du premier choc pétrolier. Alors que 1974 avait annoncé la fin des Trente Glorieuses, “je me demande si 2020 n’aura pas annoncé la fin des Trente Glorieuses de la mondialisation heureuse” démarrées au début des années quatre-vingt-dix.

AgraPresse

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10 juillet 2020 - N° 28
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